Lumeïnyx

Mage ou sorcier, côté clair ou côté sombre ? Le destin en décidera...
Accueil­Portail­FAQ­Rechercher­S'enregistrer­Membres­Groupes­Connexion
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.Partager | 
 

 Quand on percute un souvenir. [PV El]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
Iswara
Saltimbanque


Nombre de messages: 188
Age: 16
Date d'inscription: 15/11/2006

MessageSujet: Quand on percute un souvenir. [PV El]   Dim 31 Aoû - 1:25

Iswara marchait sans but. Enfin si, il avait un but, mais il avait dû l'oublier. Ce devait être suite à un ordre de Nanashi dont il suivait la troupe depuis leur rencontre, il y a trois semaines ou un peu plus. Et comme il avait commencé à penser à une certaine féline, il avait zappé l'ordre de Nanashi. Un instant, il fallait qu'il se remémore, sinon Nanashi allait encore gentiment l'engueuler. D'ailleurs c'était la seule chose que le saltimbanque semblait faire à l'encontre d'Iswara ces derniers temps. Peut-être parce qu'Iswara épousait sous son nez toutes ses proies potentielles ? Toujours est-il que ce qui énervait le plus Nanashi était qu'Eve l'avait suivi l'insu d'Iswara.. Tiens, oui, Eve... Depuis qu'il l'avait épousée elle le suivait où qu'il aille... Comme un petit chien... Elle devait être derrière lui à tous les coups... Mais Iswara ne prit pas la peine de se retourner pour vérifier la présence de l'adolescente : pour le moment il essayait de se souvenir des évènements avant qu'il ne se soit perdu dans ses pensées.

D'abord, à l'aube, Iswara avait été réveillé par un seau d'eau en pleine gueule et Eve aussi par la même occasion vu qu'elle dormait à côté de lui recroquevillée en boule. Iswara avait bondi comme un chat en colère – même s'il est plutôt un loup – et avait envoyé son poing dans la figure de Nanashi par réflexe, envoyant son « père » valdinguer au sol. L'adolescent s'était alors relevé et s'était transformé en loup pour s'ébrouer de la manière la plus élégante qui soit, aspergeant Nanashi et Eve sans regret. Le demi-elfe s'était relevé en se frottant l'oeil qui rougissait et n'allait pas tarder à devenir un magnifique coquard. Au lieu de la gentillette mission qu'il voulait donner à son pupille, il ordonna à Iswara qui reprenait forme humaine d'aller lui acheter un kit de plumes et de tissus dans la ville aux merveilles. Et le loup s'était mis en route après avoir avalé un frugal repas, sans un oeil à Eve.

En chemin, Eve s'était accrochée à son bras et l'avait regardé de ses grands yeux verts. Iswara l'avait embrassée sans y penser et l'avait gentiment repoussée, lui conseillant de rentrer à la caravane. Elle n'avait sans doute pas obéi, toujours est-il que l'ex-lutin marchait devant et elle à 10 pas derrière lui, sans un mot, sans une plainte. Le jeune homme, mains dans les poches se repérait bien dans la ville à présent et n'avait eu aucun problème à trouver le chemin vers la ville aux merveilles e s'y enfonçait à présent, son épouse sur les talons. En chemin, visage à découvert, il saluait toutes les représentantes de la gent féminine. Et puis tout à coup il avait vu un chat noir sauter d'un mur et mal se réceptionner, sans doute sur un morceau de verre qui gisait au sol. Il se précipita vers le félin et l'attrapa sans problèmes. Il extirpa le morceau de verre du coussinet blessé et laissa partir l'animal qui n'appréciait apparemment pas son odeur canine.

Il se releva un poids sur le coeur. Il voulut se feindre à lui-même l'ignorance d'un tel poids, mais les souvenirs de Sarel remontaient, avec un mauvais pressentiment. Le brun se surprit à espérer qu'il n'était rien arrivé de trop grave à une certaine jeune fille qui avait le chic pour se mettre dans des situations pas possibles. Comme un réflexe, il mit son masque sur son visage et ferma le pan « Sarel » et le pan « Raolak » de sa mémoire. Il restait cependant toujours le souvenir de sa dernière rencontre avec la semi-chatte, et elle restait encore vive dans sa mémoire. Pas de quoi s'énerver : il était sûr que la première chose que ferait Eldanòrë en le revoyant serait lui foutre une claque. Il s'arrêta brusquement et se retourna, invitant Eve à venir se blottir dans ses bras, comme elle semblait le souhaiter. C'est pour cela, à demi tourné en arrière, tendant un bras vers Eve, qu'il n'entendit, ni ne vit, ni ne sentit la présence qui glissa sur un poisson pas frais et lui atterrit dessus. À vrai dire, il eut juste le temps de se retourner pour la réceptionner au moment où Eve se serrait contre lui.

Impossible. Cette odeur. Ce ne pouvait pas être elle. Réflexe débile, il repoussa la jeune fille et saisit Eve, s'en servant inconsciemment comme bouclier contre cette intrusion dans ses souvenirs. L'ex-serveuse ne comprit pas pourquoi il la serrait dans ses bras mais demeura silencieuse, ravie. Elle observa cependant d'un regard intrigué l'adolescente à la peau sombre et aux attributs félins qui venait de se casser la figure. Elle se retourna vers son époux et posa une question de sa voix aigue :

« Tu la connais? C'est qui? »
Iswara pinça les lèvres, puis les étira en un sourire méprisant, hautain et moqueur à la fois, comme il savait si bien le faire.
« Oh, ce n'est qu'une de mes nombreuses épouses, comme toi, ma chérie... »
À quel jeu jouait-il ? Il ne le savait pas même lui-même...

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eldanòrë
Sorcière - Membre mineur


Nombre de messages: 1359
Age: 17
Localisation: Je vous en ferais la désopilante réflexion lorsque je serais consciente de ma propre présence
Date d'inscription: 02/04/2006

MessageSujet: Re: Quand on percute un souvenir. [PV El]   Dim 31 Aoû - 19:35

El était à Oz depuis le début de la veille au soir. Elle était arrivée avec Jibrîl pour la fête de l’été et avait dormit dans une auberge. Dans un vrai lit. Un vrai de vrai. Depuis le temps qu’elle en rêvait ! Ca devait faire deux bons mois qu’elle ne s’était pas frottée à une de ces délicieuses inventions de la civilisation. El avait dormi à points fermés jusqu’à sept heures du matin ou elle avait brusquement décidé qu’il fallait qu’elle commence sa journée. Les grasses matinée, très peu pour elle. Quand on dormait trop après non seulement on était dans les vapes le reste de la journée mais en plus on avait perdu une poignée d’heures et donc, une poignée de choses à faire. Si on attendait trop, on se retrouvait toujours avec une montagne de trucs à rattraper et El préférait faire chaque chose en son temps. Sans parler du plaisir qu’elle avait à regarder le monde s’éveiller.
Bref, tout ça pour dire qu’El était réveillée depuis l’aube et, après une série d’étirements et un petit déjeuné copieux, avait quitté Jibrîl pour une petite promenade. Petite promenade qui, elle l’espérait, l’emmènerait droit vers Kaede. Les deux jeunes femmes s’étaient données rendez-vous à Oz mais El n’était pas sûr qu’elle ait eu le temps de rejoindre la ville des enchanteurs. Bien sûr elle maîtrisait la téléportation mais bon, elle avait quand même un doute. Surtout que depuis l’impacte, d’après elle, elle ne maîtrisait plus rien du tout. Elle pouvait aussi bien se téléporter au milieu des montagnes noires qu’au fin fond de l’océan Atlantiaque, aussi avait-elle sûrement un moyen plus traditionnel tel que la marche à pied ou la randonnée à cheval.
El soupira. Son pouvoir à elle aussi faisait des sciènes. Un jour il n’existait pas et le lendemain elle faisait cramer les poils d’un lapin par inadvertance. Tsss… En fait c’était plutôt le sort qu’elle avait utilisé pour museler son pouvoir qui était défectueux. Son pouvoir à elle n’avait pas changé. Mais bon, c’était pas franchement plus pratique.
En ville, tout Loah s’était donné rendez-vous pour la fête. El croisa des elfes, des fées, des lutins, des nains, des nymphes, des vampires et même trois sirènes et deux tritons. Tous les clans et guildes avaient sortis leurs plus beaux tours pour faire rêver les voyageur –et surtout arriver à les recruter- dans des centaines de stand tous plus colorés les uns que les autres.
El, elle, pensait à tout autre chose qu’à la fête. En fait, ce fut tout juste si elle remarqua toute cette agitation. Un moment, un recruteur la prit par le bras pour lui démontrer les atouts qu’apportait son clan à ses membres. Le regard qui le foudroya aussitôt le convainquit de tout de suite lâcher le bras de la jeune fille. Ce ne fut que quand elle eu entièrement disparue dans la foule qu’il s’autorisa à pester contre la jeunesse malpolie qui envahissait les rues d’Oz aujourd’hui.


*Tu aurais pu être plus sympa Eldanòrë. Ce pauvre homme ne fait que son boulot (même si je n’ai pas bien compris ce qu’il te voulait).

-Ces mecs ne sont que des embobineurs payés pour raconter des mensonges au premier venu !

-Des mensonges, des mensonges…Tout de suite les grands mots ! Dis juste qu’il ne dise pas toute la vérité !

-Tssss… C’est exactement pareil !*

Eldanòrë, qui n’avait absolument aucune envie de se lancer dans un débat sur le recrutement plus que louche des guildes se contenta d’ignorer la réplique de Meno. Si elle restait aussi déconcentrée, non seulement elle allait louper des gens qu’elle connaissait mais en plus elle allait finir par se perdre ! Mais bon, autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Rien ne disais que des élèves de Lumeïnyx (autres que Jibrîl, Iswara et elle) aient survécu et soient venu à Oz pour la fête de l’été. Non la plupart devaient être directement partis vers les ruines de l’école. Si « la plupart » il y avait.
Eldanòrë respira un bon coup. Cela faisait longtemps qu’elle ne s’était pas sentie aussi sereine. A croire que le poids qu’elle portait sur ses épaules commençait à disparaître. Peut-être était-ce dû à ses retrouvailles avec Jibrîl –un garçon étrange parlant à son épée mais très sympa. En plus, il était toujours là pour une bonne bagarre- ou alors au fait qu’elle s’était faite une nouvelle amie ? Kaede étant étrangère à tout ce qu’elle avait vécue pendant ces dernières années lui avait permis de prendre un grand bol d’air. C’était pas comme l’autre abruti d’Iswara qui lui, ne faisait que lui rappeler de mauvais souvenirs ! Qu’elle idée de se retrouver autant attirée par lui ! En plus, elle ne l’avait vu qu’une seule fois ! El ne croyait pas aux coups de foudre, son subconscient devait lui jouer des tours. Il devait bien avoir une raison nom d’un chien ! Enfin bon, elle n’allait pas s’énerver comme ça alors qu’elle commençait à peine à retrouver un peu de paix intérieure, surtout qu’elle n’avait qu’une chance sur dix mille pour retomber sur lui un jour. Et franchement, elle préférait que ce soit les neuf mille neuf cent quatre vingt dix neuf autres qui gagnent.


*Huhu… j’aimerais pourtant bien voir ça moi…

-Ta gueule Meno !*

En redescendant de la lune ou son esprit s’était installé, El se rendit compte qu’elle ne reconnaissait absolument pas la rue où elle se trouvait. A force de marcher, elle avait réussit à atterrir à un endroit beaucoup moins peuplé que le centre ville. Ici, les habitants menaient leurs petites vies sans se soucier de fêtes ou d’étranger. Vu la propreté douteuse de la rue, elle devait se trouver dans un des coins mal famés de la ville. Qu’importe, elle savait se défendre. Néanmoins quelque chose d’autre l’inquiétait bien plus : son estomac. Il allait bientôt être midi et El aurait put avaler un éléphant. Reniflant discrètement l’air qui l’entourait –et essayant d’ignorer les odeurs un peu trop nauséabondes- elle réussit à localiser de quoi se sustenter : une poissonnerie. A en croire le parfum amer qui flottait dans l’air, une bonne partie devait déjà être pourrie depuis un bon bout de temps. Cependant, elle arrivait à déceler que du poisson frais était aussi disponible.
Contente de sa trouvaille, Eldanòrë pressa le bas dans la direction de l’origine de l’odeur. En accélérant, elle ne vit pas le malheureux poisson qui se précipita sous son pied. Enfin, façon de parler. Techniquement, c’était d’ailleurs plutôt le contraire. Enfin bref, toujours est-il qu’elle se sentit partir en arrière avant d’avoir compris quoi que ce soit. S’apprêtant à sentir le sol dur heurter son dos, El ferma les yeux. Après tout, elle s’était déjà cassée la figure y avait pas si longtemps que ça. Bien sûr, il y avait quelques mètres de différences mais bon ce n’étaient que des détails.
Toujours est-il qu’elle fut surprise de ne pas se sentir tomber aussi bas qu’elle le pensait. Dans son dos, elle sentait la pression d’un bras solide qui la remit en position verticale. El ouvrit les yeux, se tourna, se figea. Sur son visage, une magnifique grimace exprimant tout le dégoût qu’une personne puisse ressentir apparu.


*Huhuhu… Dommage que je n’ai pas d’appareil photo sous la main ! C’est tout à fait…charmant comme frimousse !*

Devant la réaction de Meno, El reprit aussitôt le dessus sur les muscles de sa figure, histoire de ne pas trop choquer les pauvres gens qui passait dans son champ de vision. Devant elle, Iswara se tenait droit comme un i, une petite blonde aux yeux verts dans les bras. Tout d’abord, elle se demanda comment réagir. Que devait-elle faire ? A quelle partie de sa petite cervelle devait-elle obéir ? Celle qui lui disais de se jeter dans les bras du demi loup ou celle qui, au contraire, lui commandait de fuir à toutes jambes avant que les mauvais souvenirs ne reviennent ? Ce fut la réaction d’Iswara qui la décida de n’écouter aucune des deux. Son instinct valait bien mieux que ces deux minables petites voix intérieures. Et, pour l’instant, son instinct lui hurlait de réduire ce misérable individu en pâtée pour chien.
Pourquoi donc me demanderez-vous ? Je répondrais que déjà, ce n’est absolument pas par jalousie. El savait déjà à quoi s’attendre avec un homme comme Iswara. Sa prestation lors de leur dernière rencontre ainsi que le fait qu’il ait gardé quelques caractéristiques de Sarel faisaient de lui un coureur de jupons invétéré. Non non, ce n’est absolument pas pour ça (après tout, avec ce genre de problème, il suffit d’exploser toutes les rivales et puis basta).
En vérité, il y a deux raisons. La première fut le sourire méprisant et hautain qu’il lui lança avant de la rabaisser au rang de vulgaire épouse du moment. Alors comme ça, il se moquait d’elle comme de son premier biberon ? Elle s’était faite avoir comme toutes ces autres femmes sans cervelles ? Le baiser si doux et magique qu’il lui avait donné alors qu’elle n’était que quasi consciente, c’était aussi du pipeau ? Et bin mon grand, si tu crois que tu peux de moquer d’Eldanòrë aussi facilement, tu vas être surpris !
La deuxième résidait en un seul mot : épouse. Ce mot suffit à lui rappeler qu’il l’avait une nouvelle fois épousée sans son accord. Sa vie lui appartenait merde ! Et elle allait la reprendre… de force visiblement.
Alors que la colère montait dans ses entrailles, le calme prenait de plus en plus de place en extérieur. El se surpris même à sourire ! Elle fit un pas en avant et posa un doigt sur la poitrine du jeune homme, ignorant superbement la pauvre Eve.


« Alors primo mon coco, je tiens à ce que tu sache exactement ce que je pense de toi. Non silence… »

Iswara, qui s’apprêtait à ouvrir la bouche, fut cueillit à l’entrejambe par un magnifique coup de genoux de l’adolescente.

« …Je te prierais de m’écouter jusqu’au bout. Tu es vaniteux, narcissique et macho. Non seulement tu t’amuses à briser les cœurs mais en plus tu considères les femmes comme de vulgaire objets à collectionner. Tu te fiche des sentiments des autres et t’amuses à les piétiner à coups de grosses savates, histoire de faire ton intéressant. Tout en toi me répulse et me donne envi de vomir. Deusio,…»

Iswara qui commençait à se remettre du premier coup dans ses bijoux de famille, voulu en placer une. Grave erreur. Eldanòrë le cueillit d’un joli point dans le ventre sous les yeux horrifiés de la jolie serveuse (qui d’ailleurs poussa une espèce de cris aigu bizarroïde).

« …Chut j’ai dis. Deusio sache que je n’appartiens et ne suis l’épouse de personne. Je suis libre tu m’entends ? Libre ! Et je compte bien le rester ! »

Sur ce, El détacha sauvagement la chaîne en argent qu’elle portait autour du coup. Elle fit tomber l’anneau qui y était fixé entre ses doigts et le glissa dans une des poches d’Iswara, toujours plié en deux. D’un geste rapide, elle récupéra les morceaux du masque qu’il lui avait offert et lui balança à la figure. Pour finir, elle fit un magistrale demi tour et s’éloigna du couple à grands pas rageurs.

_________________
°oO Eldanòrë Oo°
°oO Thon ou poulet, que choisir ??? Oo°

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Iswara
Saltimbanque


Nombre de messages: 188
Age: 16
Date d'inscription: 15/11/2006

MessageSujet: Re: Quand on percute un souvenir. [PV El]   Dim 31 Aoû - 23:32

Apparemment, El ne goûta point la phrase dédaigneuse d'Iswara et il commença déjà à regretter, ayant peur pour son beau visage et surtout son masque. Les coups de poing en pleine figure de la demi-chatte ne lui manquaient absolument pas. Il se dépêcha de retirer son masque et de le mettre dans les mains d'Eve pour pas que le précieux objet ne soit abîmé. Puis il se retourna vers l'adolescente, son sourir toujours sur le visage, un peu plus artificiel et crispé cependant. Iswara est tout sauf masochiste et n'aime ni la douleur, ni avoir de coquards – ce en quoi il ressemble à Nanashi. Le jeune homme se surprit à vouloir partir en courant quand son épouse esquissa un sourire qui ne présageait rien de bon – oui, Iswara est un peu couard. Un tout petit peu hein...

Le doigt d'El en plein dans la poitrine le surprit mais ce fut surtout la suite qui l'étonna. Sa première phrase le mit en garde et il voulut répliquer sur le ton de la rigolade. Mauvaise idée. Le coup de genou dans l'entrejambe lui coupa le souffle. Il lâcha Eve et se plia en deux, se mordant les lèvres au sang pour résister à la douleur. Il ne s'était pas attendu à une attaque aussi peu fair play de la part de sa femme. Et aussi douloureuse... merde quoi, c'était pas gentil ça! Il fut donc contraint d'écouter la tirade peu amène de la jeune fille et ses paroles furent aussi blessantes et douloureuses qu'elles étaient vraies et que l'était le coup de genou.

« …Je te prierais de m’écouter jusqu’au bout. Tu es vaniteux, narcissique et macho. »

Certes, ce n'était pas faux. Il avait tendance à être vaniteux, et même narcissique. Macho... Oui, il devait l'être, puisqu'il épousait à tout va. Il n'avait jamais vu ça comme ça.

« Non seulement tu t’amuses à briser les cœurs mais en plus tu considères les femmes comme de vulgaires objets à collectionner. »

Non, ce n'était pas vrai! Il ne s'amusait pas à briser les coeurs... si ? Et il ne considérait absolument pas les femmes comme de vulgaires objets à collectionner. Quoique son comportement pouvait prêter à confusion. En fait, si. Elle avait raison. Iswara essaya de se redresser, mais la douleur le retint et il écouta la suite de la tirade meurtrière les yeux fermés.

« Tu te fiche des sentiments des autres et t’amuses à les piétiner à coups de grosses savates, histoire de faire ton intéressant. »

Non, il ne se fichait pas des sentiments des autres, puisqu'il expliquait comment divorcer, n'est-ce pas ? Et il n'épousait que les jolies filles... Une petite voix au fond de lui lui hurla « Et en quoi est-ce respecter les sentiments des autres ? » et il se retrouva muet, sans réponse, incapable de rétorquer à sa conscience. Est-ce que c'était vraiment comme ça qu'El le voyait ? En macho qui voulait faire son intéressant ? « Beh oui patate! » lui annonça sa conscience tout de go. « C'est un peu ce que tu fais hein. Et là, « un peu » c'est une antiphrase euphémique... » Il n'eut pas le temps de répliquer à sa conscience, déjà El poursuivait :

« Tout en toi me répulse et me donne envie de vomir. »

Cette fois-ci, Iswara ouvrit la bouche et les yeux, se redressant malgré la douleur, ressemblant à un poisson hors de l'eau, sous les yeux médusés d'Eve qui observait en silence, triturant le masque de son époux. Il ferma la bouche...

« Deusio,…»

... et la rouvrit pour interrompre la cascade de flèches acérées qu'El lui envoyait avec une précision et une justesse à faire perler des larmes aux yeux. C'est malheureux qu'il se soit redressé, puisque le coup de poing de la métisse le cueillit en plein estomac. C'est tout juste s'il eut le temps de contracter ses abdominaux pour atténuer l'impact. « Tu le méritais, avoue! » commenta sa conscience, à qui il se retint d'envoyer aussi un coup de poing dans le ventre – c'était grandement compromis par son immatérialité...

Eve poussa un cri aigu et ne supportant plus que cette harpie maltraite son chéri rangea discrètement le masque coloré dans son sac et posa celui-ci à terre. Elle remonta ses manches toujours sans se faire remarquer et décidé d'attendre son heure.

« …Chut j’ai dis. Deusio sache que je n’appartiens et ne suis l’épouse de personne. Je suis libre tu m’entends ? Libre ! Et je compte bien le rester ! »

Iswara émit un gémissement pour toute réponse et ne put pas résister quand El remit l'anneau dans sa poche bien qu'il voulusse (oouh c'est moche ce temps xD) lui rendre. Il ne put pas non plus réagir quand elle lui envoya le masque à la figure et s'éloigna à grand pas.

Silencieusement, il se laissa tomber sur les genoux et se saisit du masque de chat qu'il avait créé avec tant d'amour. Un larme coula de son oeil et il contempla les débris sans réagir, les ramassant sans s'en rendre compte, n'entendant pas les commentaires narquois de sa conscience. Ses yeux étaient vides et le monde autour de lui avait cessé de tourner. Ce pauvre masque... Ce pauvre masque.... Ce pauvre masque. Il le replaça comme il faut, comme on ferait de pièces de puzzle. Il effleura les moustache... et sa magie fit des siennes, ressoudant les morceaux. Un sourire fou éclaira son visage et il releva la tête, se mettant à rire, d'un rire dément.


« Haha... Haha... Le masque est réparé... Alors on va se réparer... Haha...Haha.. »

Il se releva, le masque à la main, et chercha Eve des yeux. Et constata son absence. Où était-elle passée ? Il remarqua alors le sac au sol et s'en saisit, rangeant le masque félin dans le sac avec le sien. Puis il regarda autour de lui. L'absence d'Eve le taraudait plus qu'il ne se l'avouait. À vrai dire, il la considérait comme quelque chose entre la petite soeur et l'animal de compagnie. Il s'était habitué à sa présence rassurante et chaleureuse. Son absence créait chez lui un vide inquiétant. C'est alors qu'il entendit des cris et des applaudissements. Il se dirigea vers l'origine du bruit et constata qu'il y avait un cercle de badauds. Il se glissa en avant, et quelle ne fut pas sa surprise de constater que ... Eve s'était ruée sur El et lui tirait oreilles et cheveux, la jeune fille ripostant avec autant de vigueur. Il resta un instant en bug devant la scène qui avait quelque chose de cocasse malgré le sérieux de la situation : avouez qu'une petite blondinette qui n'a jamais été que serveuse, en train d'essayer d'arracher les cheveux à une jeune fille qui vient de mettre un jeune homme K.O., ça a de quoi étonner. Il se ressaisit brusquement, sourd au « Il était temps! » de sa conscience et lâcha son sac, se précipitant entre les deux jeunes filles et les séparant avec grand mal, sous les applaudissements de l'assemblée, conscient que les gens amassés autour d'eux étaient persuadés que les deux jeunes filles se battaient pour lui, ce qui n'était pas totalement faux. Sauf qu'elles ne se battaient pas exactement pour lui...

« Eve, qu'est-ce qui te prend? » sermonna-t-il la jeune fille. Elle baissa les yeux et croisa les pieds.
« Elle a dit du mal de toi et elle t'a donné du chagrin. »

Les badauds applaudirent. Iswara délaissa Eve pour se tourner vers El.

« J'accepte que tu veuilles divorcer d'un être aussi abject que moi, puisque tu me dépeins comme tel et que ma conscience affirme que tu as raison. »

À son tour il baîllonna la jeune fille pour qu'elle ne puisse pas lui répondre, mais d'une manière moins douloureuse, mettant plutôt la vie de sa main en danger, puisqu'il la plaqua sur la bouche de la métisse.

« Écoute, avant de rétorquer! » Il soupira. « Tu n'es pas sans savoir que chez les lutins de mon clan on se marie en s'embrassant et la mariée consomme le mariage en acceptant le présent du marié – ou vice-versa. »

Il retira sa main de la bouche d'El, mais lui lança un regard franc, lui interdisant de rétorquer pour le moment.

« Mais tu as du oublier suite au choc, que pour divorcer il faut rendre le présent et le baiser. Donc tu as le choix de rendre ce baiser... »

Il s'interrompit et se mit sur un genou, sortant l'anneau de sa poche, sous les yeux médusés de l'assistance, qu'il avait complètement oubliée, et continua :

« ... ou d'accepter mes sincères excuses et redevenir ma femme. »

Une voix aigue l'interrompit.

« Iswara! »

Le jeune homme tourna la tête vers Eve, qui n'eut qu'à poser ses lèvres sur celles du jeune homme et à glisser l'anneau qu'il lui avait offert dans sa main.

« Je préfère rester ta petite soeur ou ton animal de compagnie, puisque je sais bien que tu ne m'aimes pas et ne m'aimeras jamais. »

Iswara avala sa salive de travers. Eve, contre toute attente s'approcha d'El.

« Tu veux bien pardonner à mon grand frère ? Il est gentil tu sais! Il fait juste semblant de ne pas l'être! »

Et elle mit une claque sur la joue d'El avant de poursuivre calmement.

« Tu n'as pas le droit de lui dire des méchancetés. Tu dois lui demander pardon, pas lui. »

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eldanòrë
Sorcière - Membre mineur


Nombre de messages: 1359
Age: 17
Localisation: Je vous en ferais la désopilante réflexion lorsque je serais consciente de ma propre présence
Date d'inscription: 02/04/2006

MessageSujet: Re: Quand on percute un souvenir. [PV El]   Lun 1 Sep - 1:02

Voilà, c’était fait. Elle allait enfin retrouver son calme intérieur maintenant que tout était clair avec son cœur. Elle se sentait sereine, légère. Elle avait envie de courir sous sa forme féline, de monter sur le plus haut des toits de cette ville et d’y rester pour y regarder la Lune se lever.
Oui, elle voulait se sentir libre.
Malheureusement elle savait que ce serait à jamais impossible. Bien qu’elle se sente un peu plus légère aujourd’hui, le poids des morts passés et futurs la tourmenterait toujours autant. Elle rêvait de liberté mais était condamnée à rester dans sa prison de cadavres. Seule. Elle resterait seule à jamais. De toute façon, qui voudrait d’un monstre pour amie ? Kaede ? Jibrîl ? Non, il ne fallait plus qu’elle les voie. Il ne fallait plus qu’elle les mette en danger. Le soir même, elle devrait partir loin de tout. C’était le seul moyen pour elle de lutter contre Meno, Gaïana et tous ses foutus problèmes sans mettre en danger la vie de quiconque, surtout que la déesse était à présent libre. Elle, elle ne pouvait pas la toucher, elle en avait besoin. Mais pouvait-elle en dire autant pour ses amis ? Non, Gaïana n’hésiterait pas une seconde si en les sacrifiant elle pouvait ramener son « jouet » à elle.
Un « jouet » c’était ce qu’El avait l’impression d’être depuis toujours. Son côté animal ne rêvait que de liberté mais elle n’avait cessée d’être utilisée et manipulée, par Gaïana, par Iswara… Elle ne voulait plus d’une telle vie.
El passa encore dans une autre rue. Elle ne savait toujours pas ou elle était mais qu’importe, désormais, elle n’avait plus d’autres buts que d’être seule.


*Ouai c’est ça ! Et comme ça tu finiras toute décrépie dans ton coin !

-…Meno…S’il te plaît…Pas aujourd’hui…*


Curieusement, le dieu obéi et ne broncha plus. El trouva étrange qu’il soit aussi sympa tout d’un coup mais ce minuscule problème disparu bientôt sous une montagne d’autres…Beaucoup plus gros eux.
Son estomac protesta de nouveau, lui rappelant qu’elle n’avait toujours pas mangé. Vu qu’elle n’avait aucunement l’intention de retourner du côté de la poissonnerie, elle continua tout simplement de marcher. Elle trouverait bien sur le chemin après tout. Mais alors qu’elle passait par une petite place, un bruit attira son oreille. C’était un bruit de bas léger et pressé qui se dirigeait vers elle. Surprise, elle se retourna vivement et tomba nez à nez avec la petite blonde aux yeux vert. Celle-ci la fusilla du regard avant de lui sauter dessus.
El n’en revenait pas : cette fille était une vraie furie ! Elle lui tirait les cheveux et lui griffait les bras autant qu’elle le pouvait. El voulu réagir, obliger cette folle à la lâcher mais la blonde lui attrapa une de ses précieuses oreilles de velours et tira dessus comme une forcenée. La douleur la traversa de façon fulgurante. Comme tous les chat, elle avait les oreilles extrêmement sensibles et le massage forcé de l’adolescente ne faisait rien pour les aider. El aurait pu crier mais préféra se retenir. Pas question de perdre la face face à cette gamine !
Au moment ou elle s’apprêtait à prendre les choses en main pour donner une bonne correction à son adversaire (là, c’est El qui parle, huhuhu…), le bellâtre débarqua et réussit arracher ses pauvres oreilles des mains de la petite blonde. Cette situation lui fit une étrange impression de déjà vu mais elle en resta là.
El n’écouta que d’une oreille distraite la brève conversation qu’ils eurent. Ainsi la blondinette s’appelait-elle Eve. Elle ne perdait rien pour attendre ! Maintenant qu’elle avait retrouvé sa mobilité, l’adolescente s’apprêta à repartir. Il n’était absolument pas question de rester une minute de plus à côté de ce…de ce… Elle était tellement hors d’elle-même qu’elle n’arrivait même plus à lui trouver une insulte suffisamment humiliante ! C’était le comble !
Bref, El allait repartir quand Iswara l’interpella.
Ainsi, il acceptait qu’elle divorce et approuvait ce qu’elle avait dit. Ba de toute façon, il n’avait pas le choix ! C’était elle qui choisissait un point c’est tout. Elle s’apprêtait à le préciser quand il la bâillonna de sa main droite. Elle hésita à réduire celle-ci en charpie à coups de dents mais il l’enleva avant qu’elle ne soit totalement pour cette solution.
C’est alors qu’il releva quelque chose qu’elle avait complètement zappé sous le coup de la colère : le baiser ! Et merde. Voilà qui la mettait dans un sacré embarra. D’un côté, son désir de liberté et de l’autre toute la révulsion qu’elle éprouvait pour cet homme. Avec Sarel, ça avait été différent. Sarel était son ami, lui n’était qu’un coureur de jupons macho et égoïste.
Il se passa alors quelque chose qu’El mit quelques secondes à comprendre. En fait plusieurs minutes tellement la scène avait été incongrue. Tot ce qu'elle put faire pendant ce laps de temps fut de produir ce misérable son :


"Hu ?"

Il s’était agenouillé là, devant elle et lui avait tendu l’anneau d’argent. Il la demandait officiellement en mariage ! El n’en croyait pas ses yeux. Elle resta pétrifiée devant le jeune homme, ne sachant comment réagir. Heureusement Eve intervint et la sauva in extremis de la syncope. Encore que… Cette fille lui demandait de s’excuser ! Elle ! Et s’était qui qui lui avait arraché la moitié des cheveux un instant auparavant hein ? Elle n’avait qu’à s’excusait elle d’abord !


*Tu perds le premier problème de vue El !*

Oui c’était vrai. Le premier problème était autre part. Elle plongea un instant ses yeux dorés dans ceux couleur de glace d’Iswara. Cet instant suffit à la perdre complètement. Oui. Elle mourrait d’envie de dire oui et de courir le rejoindre. Lui, ce rustre doublé d’un prétentieux ! Et pourquoi ? Tout simplement parce qu’il l’avait acceptée. Il l’avait acceptée malgré tous ses défauts et toutes les morts qu’elle avait causées. Il l’avait acceptée toute entière à cet instant, tout comme lors de leur dernière rencontre lorsqu’il l’avait embrassée. C’est alors qu’elle était tombée amoureuse. Non pas parce qu’elle le trouvait beau, sympathique ou aimable (loin de là en fait) mais parce qu’il avait été la seule personne qui l’avait accueillit auprès d’elle. Quand il était là, Eldanòrë se sentait pardonnée de tout ce qu’elle avait fait, le bien comme le mal. Elle avait l’impression d’être une autre personne et d’avoir enfin droit au bonheur. Et ça, ça lui faisait peur, terriblement peur.
El s’avança vers Iswara et se mis à genoux en face de lui. Ignorant la main qui lui tendait l’anneau d’argent, elle se pencha vers lui.


« Je suis désolé Iswara… Mais je tiens à garder le peu de liberté qu’il me reste. Si tu ne peux pas m’aimer libre, alors je disparaîtrais de ta vie à tout jamais… »

Trois phrases, trois petites phrases murmurées à l’oreille du demi lutin. Une larme coula sur la joue d’Eldanòrë. Elle disait adieu au bonheur en agissant ainsi. Elle en avait conscience mais refusait de repartir en arrière. Elle avait fait son choix. Jamais plus elle ne voudrait vivre comme un oiseau en cage.
Alors, du bout des lèvres, elle effleura celles parfumée du jeune loup. Puis, comme rassurée par ce léger contact, elle l’embrassa réellement. Elle mit dans ce geste à la fois tout son désespoir et sa passion. Elle voulait qu’il la comprenne. Qu’il sache pourquoi elle agissait ainsi. Sa main glissa derrière la nuque d’Iswara tandis qu’il caressait délicatement la crinière noire de ses cheveux. Puis El se dégagea doucement. A travers les larmes qui coulaient sur ses joues, un demi sourire était apparu sur son visage si triste.


« …Adieu Iswara… »


Elle se releva et s’enfuit en courant, ignorant jusqu’à l’existence même des badauds qui avaient assisté à la scène.

_________________
°oO Eldanòrë Oo°
°oO Thon ou poulet, que choisir ??? Oo°

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Iswara
Saltimbanque


Nombre de messages: 188
Age: 16
Date d'inscription: 15/11/2006

MessageSujet: Re: Quand on percute un souvenir. [PV El]   Lun 1 Sep - 18:35

« Je suis désolé Iswara… Mais je tiens à garder le peu de liberté qu’il me reste. Si tu ne peux pas m’aimer libre, alors je disparaîtrais de ta vie à tout jamais… »

Cette phrase, suivie du baiser de divorce tua tout ce qui restait de volonté en Iswara. Sa main retomba mollement et l'anneau s'échappa de sa main, glissant sur le sol et s'arrêtant aux pieds d'Eve qui restait immobile à l'endroit où elle était, désireuse de laisser Iswara se débrouiller avec El. Il leva son visage vers le ciel, pendant que la jeune femme, qui fut deux fois son épouse, se relevait et partait en courant. Le tonnerre gronda, mais Iswara resta sans réaction. Eve s'agenouilla à côté de lui, sans piper mot, et lui glissa l'anneau dans la poche. Puis elle se releva et s'éloigna, après avoir annoncé à Iswara qu'elle rentrait à la caravane. L'ex-demi-lutin demeura de pierre, à genoux, visage levé vers le ciel, et mains sans force à ses côtés.

Le tonnerre gronda à nouveau, et le nuages noirs qui s'étaient amassés laissèrent tomber une à une de grosses gouttes qui se mêlèrent aux larmes du jeune homme. Ses yeux vides contemplaient les nuages sombres et ses larmes coulaient dans qu'il s'en rende compte. Une à une les gouttes tombaient, tombaient, heurtant avec un doux « floc » ses joues, son front, des épaules, mouillant ses cheveux, mouillant le sac et les masques, mouillant les plumes et la soie, trempant ses vêtements... Les badauds s'éloignèrent en bavardant, allant s'abriter quelque part, ayant déjà oublié l'incident. Iswara resta immobile 30 secondes, une minute, cinq minutes un quart d'heure, quand tout à coup sa conscience, qui était restée silencieuse jusque-là le réveilla de sa torpeur avec un « MAIS BOUGE-TOI, MERDE! ». Iswara sursauta, comme électrocuté et cligna des yeux une ou deux fois.

Où était-il ? Que faisait-il là ? Ah oui, l'ordre de Nanashi... Mais, il avait l'impression d'avoir oublié quelque chose, ou même, de l'avoir oblitéré...


¤ Iswara... ¤

Le ton de sa conscience avait quelque chose de menaçant, et Iswara se surprit à esquisser un sourire gêné en se relevant.

* Oui ? *
¤ Iswara, tu es d'une bêtise accablante. Ça fait un quart d'heure qu'elle est partie. Si tu la rattrapes pas tout de suite, même avec ton odorat de loup, c'est perdu.¤
* Mais, qui ça ? *


La conscience ne jugea pas bon de répondre et se mura dans un silence obstiné et sévère. Iswara saisit son sac, fit un pas vers la direction qu'avait prise Eve... et percuta.

« EL! »

Il avait hurlé. Une passante, pressée sous son parapluie, se retourna et lui jeta un oeil étonné.

« L ? Vous connaissez Death Note ? C'est bien, vous avez de bonnes lectures, d'ailleurs... »

Mais Iswara ne laissa pas la jeune manga-fan finir son monologue et se mit à courir dans le sillage d'El, vieux d'un quart d'heure, son sac sur le dos. Et tout en courant, il se métamorphosait en loup. Ses habits et le sac se fondirent en une fourrure d'un brun foncé tirant vers le noir et son visage s'allongea en un museau de loup tandis que ses oreilles devenaient pointues et se dressaient sur son crâne. Il inspira et malgré la pluie, parvint à distinguer l'odeur de la jeune fille. Un loup qui court en pleine ville, ça a de quoi étonner et nombreux étaient ceux à se retourner sur son passage... s'il le voyaient, tant il courait vite. Il s'arrêta un instant à une intersection, renifla et se dirigea à droite, se faufilant par des ruelles.

Tout à coup, il déboula hors d'Oz. Devant lui se dressait la forêt. Il ne lui fallut pas un quart de seconde pour repérer l'odeur d'El, tant il tenait à elle, bien que lui pluie la fasse disparaître chaque seconde un peu plus. Bientôt il fut dans la forêt, truffe à l'affût, incertain. Une vague odeur lui dit d'aller à droite mais il perdit bien vite la trace et dut retourner sur ses pas. Un instant, désemparé il s'assit et ferma les yeux, son poil mouillé et luisant sous la pluie, essayant de renforcer ses facultés olfactives au maximum. Bien lui en prit car il repéra faiblement mais sûrement l'odeur féline d'El. Il la suivit et elle s'intensifia brusquement.

Là! Elle était là, recroquevillée au pied d'un arbre, sanglotant. Il reprit apparence humaine en courant vers elle, lui redressa le visage, la regarda dans les yeux... et lui mit une claque phénoménale.


« Ça, c'est pour te remettre les idées en place! Comment peux-tu refuser un parti comme moi ? »

Son ton était sévère, énervé... ironique. Il l'enserra dans ses bras, de toutes ses forces. Sa voix s'adoucit et devint chaleureuse, caressante.

« Tu m'as fait peur. »

C'est à peu près à ce moment-là qu'il se rendit compte que sa magie était toujours aussi détraquée : il était entièrement ... nu.

* Et merde... *

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eldanòrë
Sorcière - Membre mineur


Nombre de messages: 1359
Age: 17
Localisation: Je vous en ferais la désopilante réflexion lorsque je serais consciente de ma propre présence
Date d'inscription: 02/04/2006

MessageSujet: Re: Quand on percute un souvenir. [PV El]   Mar 2 Sep - 1:23

El courait, courait et courait encore. Si elle l’avait put, elle aurait continué à courir jusqu’au bout du monde. Elle voulait fuir. Fuir aussi loin qu’elle le pouvait de cette ville maudite ou elle avait crut apercevoir le bonheur. Fuir, toujours plus loin, toujours plus vite. Elle ne voulait plus jamais Le revoir. Elle ne voulait plus jamais être tentée. Sinon, elle ne résisterait pas, elle en était certaine.
Un éclair illumina le ciel, éclairant la route pavée sous ses pas. Il fut presque aussitôt suivit d’un coup de tonnerre qui fit trembler la ville d’Oz. El frémit. Elle aimait la pluie et l’orage, mais en un mois, il n’avait plue que deux fois. Aujourd’hui et lors de sa dernière rencontre avec Iswara. A croire que même le ciel était contre leurs retrouvailles. Bien sûr, la fois précédente, c’était elle qui l’avait invoqué sous le coup de la colère. Mais cette fois-ci tout était naturel. Cet orage ne faisait que signer la fin d’un été trop chaud au goût de la terre de Loah.
El remercia intérieurement le bruit assourdissant qui résonnait jusque dans son cœur, faisant écho au tumulte de son âme. Elle ne savait pas où elle était, ni où elle allait. Chaque coup de tonnerre marchant comme un puissant anesthésiant qui lui permettait d’oublier un peu plus. Malheureusement, elle savait parfaitement que certains souvenirs ne s’effaçaient jamais. Elle devrait vivre avec eux, souffrir avec eux. C’était sa punition. Pour avoir tué, pour avoir aimé, pour avoir crut qu’elle pourrait échapper à son destin.
Elle était désormais condamnée à fuir pour le reste de sa vie, car sinon, d’autres gens mourraient. Gaïana était libre certes, mais les dieux la regardaient toujours d’un œil soupçonneux et elle ne pouvait pas encore agir à sa guise. Pour arriver à ses fins, elle avait besoin de sa marionnette. Elle voulait l’enfermer, la disséquer et l’utiliser pour retrouver ses pleins pouvoirs. Si elle y arrivait… Non, il y avait déjà eu trop de morts par sa faute. El refusait de penser à un avenir remplit de l’odeur âcre et salée du sang.
L’avenir…En avait-elle seulement un ?
El courait toujours, les cheveux baignés de gouttes de pluie. Ses vêtements trempés collant à sa peau un peu plus à chaque foulée. Depuis combien de temps courait-elle ? Quelques minutes ? Des heures entières ? A présent, Oz avait entièrement disparue derrière les ramures des arbres. L’adolescente ralentit le pas, prenant soudain conscience du choix qu’elle venait de prendre.
Elle était seule à présent, et elle le resterait toute sa vie. Tout ce qu’elle avait vécu jusqu’à présent, elle devrait le laisser de côté et se concentrer uniquement sur les actes qui l’avaient poussée jusqu’ici. Elle devait ne voir plus que la tâche qu’elle avait à accomplir.
Seule.
Seule. Elle était terriblement seule. Tout le poids qu’elle avait sentit s’envoler en arrivant dans Oz venait soudainement de s’écraser sur ses épaules. Marchant sans vraiment savoir ou elle allait, El déambula encore de longues minutes avant de s’assoire au pied d’un arbre.
Là, les genoux repliés contre sa poitrine, Eldanòrë s’autorisa enfin à pleurer. Les larmes salées coulèrent sur les traces desséchées de leur anciennes compagnes, disparue plusieurs minutes auparavant au cours d’une certaine scène sur une petite place. Elle pleura d’abord doucement, puis de douloureux sanglots firent surface, agitant sa silhouette recroquevillée de tremblements. La pluie qui tombait autour d’elle la rassurait un peu, créant comme un cocon protecteur autour de l’adolescente.
Toute à son chagrin, El n’entendit ni ne sentit le loup s’approcher d’elle. Pas plus qu’elle ne se rendit compte que celui-ci venait de changer de forme d’ailleurs. Quand Iswara lui redressa le visage et se plongea dans son regard, elle était ailleurs, complètement absente. Le rideau de larmes qui s’était créé dans ses yeux dorés rendait sa vue flou ce qui renforçait l’impression d’avoir changé de monde pendant un instant.
Et puis il eu la claque. Magistrale. El percuta le monde un instant et se demanda où elle était. Elle entendit quelqu’un l’engueuler mais elle ne savait pas trop d’où ça venait, encore trop perdue pour comprendre ce qu’il se passait.
Et puis tout d’un coup, elle sentie qu’on la prenait dans ses bras. Elle prit peur et voulu se débattre mais arrêta son geste au dernier moment. Cette odeur…Le son de cette voix… Ce n’était pas possible… Ca ne pouvait pas être lui. Elle ne devait pas le revoir. Elle ne pouvait pas le revoir ! Il ne pouvait pas être là… Oui c’était ça…il n’était pas là. Iswara n’était qu’une invention de son subconscient. Elle avait trop rêvé de lui et voilà qu’à présent sa cervelle avait prit les devant en lui donnant le plaisir d’une illusion. Une illusion si parfaite qu’elle goûtait à la fois son parfum, sa vue, et la tiédeur de sa peau. Par contre sa voix demeurait inaccessible, comme si il n’était pas contre elle, mais deux pièces plus loin. Elle entendait bien quelques notes mais elles étaient assourdies, comme derrière un mur invisible.
El repoussa gentiment l’apparition. Elle voulait voir plus, savourer jusqu’au bout son derniers rêve.
Il était là, en face d’elle, encore plus beau que dans son souvenir. La pluie avait plaquée ses cheveux bruns contre son visage, le rendant encore plus follement séduisant. Et puis ce regard azure, qui lui hurlait tous les mots d’amour qu’on pouvait imaginer, El voulait le garder au plus profond d’elle-même, ne jamais l’oublier.
Du bout des doigts, elle frôla son front parsemé de mèche brune pour ensuite descendre le long de l’arête du nez. Elle voulait tout garder, le moindre détail, ne rien oublier. Elle glissa sur les lèvres figées en un doux sourire. Elle-même sourit car elle n’avait jamais vu Iswara avec une telle expression. A chaque fois, ça n’avait été que sourires méprisants et dédaigneux. Avec sa main, elle dessina le contour du menton fin du jeune loup, puis descendit le long de la gorge. Elle examina chacun des losanges pourpres gravés dans la peau et continua son exploration. Elle effleura le torse du demi lutin, savourant jusqu’au léger frisson qui la parcourue. La main continua sa course mais s’arrêta net au niveau du nombril. Quelque chose clochait.
Un de ses sourcils s’arqua légèrement sous la surprise. Elle recula légèrement pour savoir ce qui l’avait gênée dans sa chasse aux souvenirs. C’est alors qu’elle vit. El rougit jusqu’au oreille et tourna la tête vers la droite, se plongeant dans l’observation d’une minuscule coccinelle qui tentait désespérément de ne pas lâcher sa maigre feuille sous l’attaque des gouttes d’eau. Même pour un de ses fantasme, là, ça allait beaucoup trop loin !
Elle eut beau essayer de calmer son cœur qui battait à cent à l’heure, ses joues ne désempourpraient pas. Elle avait seize ans bon sang ! Elle pouvait bien assumer un de ses rêves les plus… les plus… Raaaaaaaa ! Mais qu’elle idiote !
La coccinelle, elle, continuait invariablement sa lutte cotre les éléments déchaînés.

_________________
°oO Eldanòrë Oo°
°oO Thon ou poulet, que choisir ??? Oo°

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Iswara
Saltimbanque


Nombre de messages: 188
Age: 16
Date d'inscription: 15/11/2006

MessageSujet: Re: Quand on percute un souvenir. [PV El]   Mar 2 Sep - 20:32

Contrairement à ce à quoi il s'attendait, El ne réagit pas par une baffe comme elle en avait l'habitude. Ou un coup dans les bijoux de famille, qu'elle avait découvert il y a peu. Non, elle se contenta de le repousser gentiment. Un instant, Iswara eut peur de s'être trompé de personne ou que Gaïana ou autre soit de retour. Mais non, la jeune fille avait une regard légèrement égaré, comme si elle était victime d'une hallucination. Le jeune homme eut un sourire doux et légèrement inquiet, son regard azur plongé dans les yeux d'or de son aimée.

Celle-ci, défiant toute réalité, effleura son front du bout des doigts, et Iswara frissonna sous le froid glacial de ses phalanges. Elle suivit l'arête de son nez sans réagir, et le sourire du demi-loup se mua en un sourire inquiet tandis qu'elle passait son index mouillé et froid sur ses lèvres, puis son menton. Il frissonna sous le mordant de la fraîcheur sur sa gorge palpitante et chaude, se demandant, perplexe, pourquoi elle passait en revue chaque losange. Ce fut quand elle passa la main sur son torse qu'il réalisa qu'elle n'était vraiment pas dans son état normal. Quand enfin elle s'arrêta au niveau de son nombril elle rougit, conférant à son visage des couleurs tout à fait charmantes et séduisantes.

Elle détourna la tête et Iswara poussa un soupir inaudible de soulagement, avant de regarder autour de lui si ses habits ne gisaient pas au sol. Mais, non, pas la moindre trace. C'était très énervant ça, d'habitude tout revenait, habits comme sac... Sac! Le sac avec les masques! Les masques aussi avaient-ils disparu! C'était vraiment embêtant ça! Il se releva et se transforma en loup, avant de reprendre forme humaine. Non, il était toujours nu comme un ver. Heureusement qu'il avait une température corporelle élevée, sinon il aurait déjà pris froid sous la pluie torrentielle qui ne semblait pas vouloir s'arrêter. Mais il était tout de même tétanisé.


* Merde, merde, merde! Qu'est-ce que je vais faire ? Dès qu'elle sera dans son état normal, elle va vraiment pas apprécier! *
¤ Tu pourrais essayer d'invoquer tes vêtements ? ¤
* Non! Imagine j'invoque ce sentimental de Sarel ou ce fou de Raolak qui ne veut que tuer El, actuellement sans défense, puisque complètement à l'ouest! Déjà que je craignais que Gaïana l'ait possédée! *


La conscience demeura muette, n'ayant pas d'autres proposition et Iswara dut se résoudre à invoquer ses vêtements, yeux fermés. Une veine se mit à enfler sur son front, heureusement dissimulée par ses cheveux. Tout à coup un éclair tomba juste devant le demi-loup qui sauta en arrière, tellement il en fut surpris. Une mèche grésilla.

* Oh nooon! Mes beaux cheveux! *
¤ Regarde plutôt ce que l'éclair t'a apporté! ¤
commenta sa conscience. Et effectivement, l'éclair n'avait pas frappé sans raison. Un petit tas gisait au sol, sur l'herbe roussie. Le demi-lutin s'approcha avec circonception. Il toucha le tas et constat qu'il y avait là trois objets. Son caleçon, le masque de chat et son masque. Intéressant.

¤ Ce dont t'as le plus besoin, quoi. ¤
* Merci, mais bon, caleçon et nu y a pas une grosse différence. *
¤ Si quand même. ¤
* Certes... *


Poussant un soupir, le jeune homme enfila le caleçon et se saisit des masques. Il s'approcha d'El, les posa à ses pieds, et la saisit par les épaules, la mettant sur ses pieds d'un geste, sans effort. Puis il la secoua comme un pommier.


« El! El! C'est moi! Iswara! Pourquoi t'as pas une réaction normale ? Comme me foutre une baffe ? - Pas que j'en veuille, hein! - T'es là El? El! Je t'aime! ... Mets-moi un pain! »

Complètement paniqué, le jeune homme, pourtant pas masochiste, réclamait une prise de conscience. Il reposa ensuite celle à qui il venait de révéler son amour entre deux paroles paniquées (ça évite la guimauve xD) et poussa un soupir. Il ramassa les masques et plaqua le masque de chat sur le visage de la jeune féline, l'attachant à l'arrière de sa tête sans effort, puis il mit son masque lui-même, sans savoir réellement ce qu'il faisait.


« El ? »

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eldanòrë
Sorcière - Membre mineur


Nombre de messages: 1359
Age: 17
Localisation: Je vous en ferais la désopilante réflexion lorsque je serais consciente de ma propre présence
Date d'inscription: 02/04/2006

MessageSujet: Re: Quand on percute un souvenir. [PV El]   Mar 9 Sep - 20:36

*Coccinelle : nom féminin venant du latin coccinus (écarlate –comme tes joues huhuhu…-). Petit insecte coléoptère aux élytres orangés ou rouge ornés de points noirs, appelé aussi « bête à bon dieu », qui se nourrit de pucerons. Elle appartient à la famille des coccinellidés.*

Toute à ses investigations dans le monde des insectes –et surtout en pleine concentration pour oublier Ca- El ne fit tout d’abord pas attention à la petite voix intérieure qui venait de s’élever. Et puis, petit à petit, elle refit surface. Comment cela pouvait-il être possible ? Dans son rêve, jamais Meno n’aurait eu de place ! Il était trop…trop… Non, elle devait délirer (encore plus qu’avant…).

*…Merci… Ca fait très plaisir de voir à quel point tu m’apprécies. Dis-toi bien que la prochaine fois, je me ferais un plaisir de m’insinuer dans tes histoires de cœur !*

Cette fois-ci, plus de doutes ! C’était bien Meno ! Elle avait l’impression que ça faisait une éternité qu’elle n’avait pas entendue sa voix… A croire qu’il avait disparut de son esprit ! El fut curieuse de découvrir que loin de l’attrister, cette nouvelle la réconfortait. A croire qu’elle avait finit par s’habituer à ce misérable parasite qui squattait son cerveau.

*Moi qui avais crus déceler une once de reconnaissance dans tes pensées, me voilà bien déçu ! Un parasite ! Non mais je vous jure… Pourquoi pas un cafard tant que tu y es ?

-Judicieuse observation mon cher Meno. Nous disions donc un cafard…


-Aaaarg… Pourquoi tant de violence et de haine contre ma fabuleuse personne. Le désespoir emplit mon cœur !*

El soupira mais sourit malgré elle. Finalement, il lui avait vraiment manqué. Par contre, il restait encore à déterminer si c’était les bavardages incessants de Meno ou la douce voix grave de Gaël qui lui avait manquée. Pour l’instant, la balance penchait franchement du côté du disparu, laissant le petit dieu loin derrière. Mais qui sait… Peut-être qu’elle commençait à redorer le blason du parasite ?
Bien que ses pensées soient un peu plus claires, El se sentait toujours autant dans les vapes. Au moins en avait elle conscience à présent. Elle se trouvait un peu dingue d’avoir pensé à de telles choses durant les dernières minutes mais préférait néanmoins retarder le plus possible le moment ou elle serait de nouveau lucide et devrait dire bye bye à l’apparition. En y repensant, le feu s’embrasa de plus bel sur ses deux joues. Elle se força néanmoins à recouvrer ses esprit à l’aide d’une magistrale claque virtuelle.


*Huhuhu…pour une fois qu’elle ne m’est pas destinée !

-Si tu insiste…*

Après cette remise à zéro de ses neurones, El se décida enfin à regarder droit devant elle. Ce qu’elle regretta aussitôt car ce qu’elle vit ne l’enchanta guère. La suite des événements non plus d’ailleurs. Un homme en caleçon s’était précipité vers elle et l’avait prise par les épaules. Elle pensa à le tuer dans l’instant, histoire de lui apprendre les bonnes manières mais fut complètement déconcentrée par sa technique je-secoue-ma-victime-le-plus-fort-et-le-plus-vite-possible. Cette attaque eu néanmoins l’effet étrange de ramener le son à sa petite cervelle d’adolescente.
Le fracas de la pluie sur les arbres de la forêt conjugués aux cris affolés de l’homme au caleçon finirent de la réveillée. C’est alors qu’elle se rendit compte que son interlocutoire n’était autre qu’Iswara !


*…T’es pas un peu longue à la détente là … ?*

El ignora la remarque du misérable cafard (et prends ça Meno ! Dans les dents !) et entreprit de réunir ses maigres forces pour arrêter d’être prise pour un hochet. Il voulait qu’elle le frappe ? Sans problème ! Juste le temps qu’il lui lâche les épaule, parce que là, elle ne pouvait pas franchement faire grand-chose.

« Peeeeeuuux paaaaas tuuuuu meeeee seeecouuuuuue trooooooop. »

Sa voix rauque résonnant dans sa gorge desséchée lui apparue dérisoire face au vacarme de l’averse. A coup sûr, Iswara n’avait pas entendu. El pesta contre cet imbécile qui la prenait pour un arbre fruitier et s’apprêta à retenter sa chance avec cette fois-ci, une voix plus audible. Voyez-vous, si cela avait put la sauver des mains de ce fou, elle lui aurait avec plaisir crevé les tympans en criant comme une démente. Néanmoins, elle savait que dans l’état où elle était, cette perspective n’était encore qu’un doux rêve lointain.
Alors qu’elle ouvrait la bouche pour protester de nouveau, Iswara lui plaqua un truc dur contre le visage. Sous la poussée, El tomba en arrière et vint heurter le tronc de l’arbre contre lequel elle était encore assise quelques minutes plus tôt. Le choc la fit grincer des dents mais elle n’eut pas le temps de retrouver une position stable que déjà l’idiot de service se précipitait sur elle. Il pouvait pas la laisser respirer deux secondes lui ?
Alors qu’il avançait vers elle à toute vitesse, El trouva la force de replier sa jambe, la semelle de sa chaussure en direction de son agresseur. Celui-ci, emporté par son élan, ne put pas éviter de la recevoir dans l’estomac. Parfait. Y mettant toute sa volonté, l’adolescente détendit sa jambe d’un coup, propulsant le demi lutin trois mètres plus loin.


« Pétard ! Tu peux pas me lâcher deux secondes ! Laisse-moi respirer au moins ! »

Cette exclamation brisa les dernières forces qui la tenaient encore debout et El sentit ses jambes se dérober sous son corps. A son tour, elle s’écroula lamentablement par terre, provoquant une crise d’hilarité chez le parasite. Elle entreprit de retrouver une position assise un peu moins disgracieuse tout en poursuivant le demi dieu avec une poêle géante virtuelle. Elle jeta un regard désolé à ses pauvres vêtements maculés de boue et décrocha le masque qui lui barrait le visage. Son masque de chat. Celui qu’Iswara lui avait offert. Celui qu’elle avait brisé en tombant de la tour. Comment avait-il fait pour le réparer en si peu de temps ?
El leva un œil vers le jeune loup avant de retourner brusquement dans la contemplation du masque.


« Tu pourrais au moins avoir une tenue moins choquante en présence d’une demoiselle, imbécile ! Une horde de fans en furie s’est jetée sur toi pour te déshabiller ou quoi ? »

Tsss…bon. De toute façon, il n’allait pas trouver un magasin de vêtements dans les parages donc autant s’habituer tout de suite, histoire qu’elle ait quelques mètres ou kilomètres (elle ne savait pas très bien où elle était) avant de rejoindre la ville. El voyait déjà le scandale lorsqu’elle rentrerait à Oz avec Iswara seulement vêtu d’un caleçon. A tous les coups elle allait avoir toutes ses conquêtes sur le dos et devrait se frayer un passage entre les corps de celles qu’elle aurait achevé.
El se força donc à regarder Iswara, ne serait-ce que pour vérifier qu’il allait bien. En vérité, elle ne s’inquiétait pas beaucoup étant donné que le jeune loup avait déjà reçut des coups bien plus violents de sa part et s’en était sortit vivant. Mais bon, comme dit plus haut, autant qu’elle s’habitue dès maintenant à la présence d’un homme à demi nu à côté d’elle.
L’homme en question s’était relevé et hésitait à présent sur la conduite à tenir, histoire sûrement d’éviter les baffes impromptues. Bon, d’accord, il était sérieusement bien foutu, El ne pouvait que s’en rendre compte. Néanmoins, le sentiment qui l’envahit était bien loin de l’admiration, du désir ou même de l’amour. Loin de là. Non, c’était plutôt de l’hilarité ! A le voir comme ça, debout sous la pluie, trempé jusqu’aux os et seulement vêtu de son maigre caleçon…Elle ne parvint pas à résister et éclata de rire.

_________________
°oO Eldanòrë Oo°
°oO Thon ou poulet, que choisir ??? Oo°

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Iswara
Saltimbanque


Nombre de messages: 188
Age: 16
Date d'inscription: 15/11/2006

MessageSujet: Re: Quand on percute un souvenir. [PV El]   Mer 10 Sep - 16:42

Il s'approcha d'elle. Enfin, il voulut s'approcher d'elle. Oui, il voulut, même i tout à coup cette envie fut beaucoup moins présente. Forcément, quand vous vous prenez un pied dans le ventre, c'est douloureux, surtout si la chaussure heurte votre peau. Sans parler de la force infligée, qui envoya l'ex-demi-lutin trois mètres plus loin. Il se croûta sur le dos, et le masque s'envola, mal attaché, atterrissant dans la boue. Mais, une fois n'est pas coutume, il n'en eut pas cure et se releva illico, se précipitant à nouveau vers la jeune féline, ravi qu'elle ait repris ses esprits.

« Pétard ! Tu peux pas me lâcher deux secondes ! Laisse-moi respirer au moins ! »

Iswara pila net, à 50 centimètres de la jeune fille et la regarda s'écrouler de la manière la plus élégante qui soit. Elle se repositionna un peu plus élégamment sous le regard inquiet du jeune loup qui ne savait pas quoi faire exactement. À vrai dire, il se crispa un peu quand elle observa le masque de chat avec circonception. Puis elle releva le regard vers lui, et il lui rendit un sourire un peu forcé, assez inquiet en réalité, qu'elle ignora, se replongeant dans l'observation du masque félin. Tout à coup, elle lança une phrase sans préambules.

« Tu pourrais au moins avoir une tenue moins choquante en présence d’une demoiselle, imbécile ! Une horde de fans en furie s’est jetée sur toi pour te déshabiller ou quoi ? »

Toujours son sourire incertain sur les lèvres, Iswara étouffa un petit rire sec et sans chaleur. Pourtant, il n'avait pas froid, étant donné sa température corporelle élevée. C'est plutôt qu'il ne avait pas trop réagir aux réactions d'El ... de peur de ses réactions. C'est d'une logique implacable, non ? D'ailleurs, rien que pour le conforter dans son ridicule, la jeune fille se mit à rire, mortifiant son soupirant. Il poussa un profond soupir et s'approcha d'elle, complètement trempé – mais « rien n'est plus beau qu'un corps mouillé », n'est-ce pas ? - avant de s'assoir, ou plutôt de s'agenouiller dans l'herbe trempée, au pied de l'arbre, toujours sous la pluie battante.

« À défaut d'une horde de fans en folie, c'est ma magie qui m'a déshabillé. Pour partir ... à ta ... poursuite, j'ai du me changer en loup, parce que mon odorat d'humain n'est pas très probant, je crains... »

Il hésitait, s'interrompait sans raison, presque contrit. Mouillé.

« Et en te retrouvant, j'ai repris forme humaine... C'est... c'est... »

Il rougit – une fois n'est pas coutume, n'est-ce pas ?

« C'est en ... t'enlaçant que je me suis rendu compte que ... ma... magie m'avait dépourvu de ... vêtements. »

Il détourna la tête. Comment expliquer à El sa propre réaction de son point de vue sans qu'elle se vexe ? Le jeune homme décida en fin de compte de faire abstraction de tout tact, et poursuivit.

« Tu m'as ... gentiment repoussé et... - il avala sa salive – tu as eu un comportement très étrange que je n'ai ... pas compris. Finalement, tu t'es détournée, et j'en ai profité pour essayer de ... récupérer mes vêtements en redevenant loup puis humain. »

Il soupira et posa sa chaude main sur l'épaule de la jeune fille.

« Ça n'a malheureusement pas marché. J'ai donc essayé de faire apparaître des vêtements, ... mais tu le sais, la magie est capricieuse : les seules choses auxquelles j'ai eu droit son ton masque, mon masque et mon caleçon. Désolé si ma tenue t'incommode. Je n'y peux pas grand-chose actuellement. »

Il planta ses yeux de glace dans ceux d'or de la jeune fille, un sourire plus franc, presque à nouveau charmeur, mais à peine.

« Je suppose que tu n'as pas entendu ce que j'ai dit tout à l'heure. »

Il poussa un profond soupir.

« Hein ? »

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eldanòrë
Sorcière - Membre mineur


Nombre de messages: 1359
Age: 17
Localisation: Je vous en ferais la désopilante réflexion lorsque je serais consciente de ma propre présence
Date d'inscription: 02/04/2006

MessageSujet: Re: Quand on percute un souvenir. [PV El]   Jeu 11 Sep - 0:18

El réussit à reprendre son calme avant qu’Iswara ne vienne s’asseoir à côté d’elle. Non mais quelle cruche ! Se tromper à ce point là ! Il n’était pas bien foutu, il était super-méga-hyper-bien-foutu oui ! Un peu de bout qui était resté sur le masque de chat attira brusquement son regard, lui permettant de ne pas aller trop loin dans ses pensées.

*Nan mais t’es une sacrée perverse en fait ! Huhuhu…qui l’eu crut ?*

El ne répondit pas, préférant garder la moindre parcelle de son esprit concentré sur son cadeau. Nan mais il se prenait pour qui Meno ? C’était déjà assez difficile d’être à sa place comme ça pour qu’en plus il remue le couteau dans la plaie ! Et en plus, cet imbécile de lutin ne faisait que se rapprocher d’elle ! C’était lui le pro ! Il était censé savoir l’effet qu’il produisait sur les représentantes de la gente féminine nom d’un chien !
El ferma les yeux de toutes ses forces et s’employa à se réduire à l’état de confettis à l’aide d’un marteau géant virtuel. Très très douloureux. Puis, elle inspira calmement. Pas question de se laisser troubler par un coureur de jupons vaniteux ! Elle était Eldanòrë ! Celle qui avait à moitié détruit l’école de Lumeïnyx, avait combattue une déesse déchaînée, avait maintes fois écrasé Kadel et s’en était sortie vivante et pour finir, la seule et l’unique détentrice du titre de folle en chef ! Ca n’allait pas se passait comme ça !
Elle ferma ses points, fronça les sourcils et tourna son visage déterminé vers celui du jeune loup. Ses yeux dorés croisèrent ceux azur d’Iswara et là…elle se sentit fondre. Pourquoi mais pourquoi n’arrivait-elle pas à résister à ce triple idiot ? A croire qu’elle était tombée bien bas… (mais si bas quand même… !)


*Décidemment, vous m’aviez manqué toi et tes pensées bizarres !

-Ah. Et pourrais-je savoir où tu étais pendant tout ce temps ?

-Tu t’inquiètes pour moi ma petite Eldanòrë ? Mais si tu veux, je peux te montrer. Il suffit juste que tu acceptes de me suivre jusqu’au Royaume des Dieux.

-Meno, vas te faire…

-Huhuhu…Que de grossièretés ma chère ! Moi qui voulais simplement rép…*

Eldanòrë coupa la conversation là. Elle avait oublié à quel point discuter avec Meno était fatiguant, surtout quand il se mettait à parler comme un gosse de bonne famille (« même pas vrai d’abord !!! >< » -->pensées de Meno). El se força une nouvelle fois à respirer calmement. Pas question de perdre encore la face devant l’autre idiot ! …A croire que ce monde n’était peuplé que de ces vulgaires évolutions du ouistiti…
Tout en écoutant les explications d’Iswara, elle tripotait nerveusement le pauvre masque de chat, le visage tourné à l’opposé de celui de son interlocuteur. Mais, bien loin de cacher une quelconque gêne, El essayait surtout de contenir le fou rire qui commençait à la prendre. Depuis quand n’avait-elle pas eut autant envi de rire ? Elle ne savait plus trop, les derniers mois avaient été beaucoup trop sombres. Enfin si tiens ! C’était le jour où elle avait réussit à faire rire Yué en provoquant une bataille de nourriture générale dans la grande salle de Lumeïnyx… Mais se mordre les joues jusqu’au sang ne semblait pas suffire à arrêter sa crise d’hilarité. Par contre, la mention de son comportement étrange lui fit l’effet d’une douche froide. En l’entendant, elle se figea, si soudainement qu’elle se troubla elle-même. Alors comme ça, ça n’avait pas été un rêve ? Elle avait réellement…


*Perverseuuuuuuuuuuh !

-Meno !*

El sentit tout le poids du monde s’écraser sur ses épaules. Elle avait vraiment réagit comme ça en sa présence ? Rien que d’y penser, elle était morte de honte.

« Fais-moi plaisir veux-tu ? Efface toute trace de cet instant de ta petite cervelle de lutin. Je tacherais d’en faire de même histoire d’éviter les cauchemars… »

Tout en parlant, elle s’était de nouveau tournée vers lui par habitude. Mais c’est ce moment là qu’il choisit pour refaire une réflexion sur sa tenue vestimentaire et El ne put s’empêcher de pouffer en jetant un œil au caleçon. Pourtant, c’était pas franchement drôle. N’importe qu’elle fille aurait été terrorisée de se retrouvée seule avec un homme à demi nu au milieu d’une forêt sous le pluie. Mais bon, elle n’y pouvait rien ! Elle avait terriblement envie de rire ! Sûrement les nerfs…
Sa dernière remarque révéla néanmoins, suffisamment de curiosité en elle pour qu’elle en oublie un instant ce qui était si drôle. Ce qu’il avait dit tout à l’heure ? Elle avait loupé un truc ? Remarquez, c’était assez normal vu l’état second dans lequel elle s’était trouvée. Intérieurement, El se passa en boucle toute la conversation. C’était bizarre, un peu comme un film qu’on passerait en avance rapide.
El ? Blablabla… réaction normale ? Blablabla… baffe. Blablabla….t’aime ! Blablabla… STOP ! Elle venait de manquer un truc là ! Marche arrière toute ! Voilà, pause !


*Je t’aime.*

El faillit s’étrangler de stupeur. Je t’aime. Je t’aime. Nan mais ça allait pas de lui balancer ses déclarations dans la tête sans prévenir !?!

*Heu…El ? Je te préviens que ça fait au moins dix minutes qu’il te la faite sa déclaration…

-M’en fou ! Nan mais c’est pas possible ! C’est pas possible !*

El se retint in extremis avant de frapper son pauvre crâne contre le tronc de l’arbre. Pas besoin de paraître encore plus folle qu’elle ne devait en donner l’impression. Elle avait déjà suffisamment de problèmes comme ça !
Je t’aime. Non mais qu’elle histoire ! Si elle s’attendait à ça ! D’accord, elle, elle était carrément dingue de lui. Mais lui ? N’était-ce pas une entourloupe pour mieux faire craquer ses victimes ? Une petite voix intérieure lui hurlait que non, qu’il avait été sincère, et curieusement, El avait envie de la croire. Mais c’était tellement…improbable ! Bon d’accord, tout ce qu’il lui avait dit jusqu’à présent avait l’air d’être dis avec le fond du cœur etc., mais une partie d’elle avait toujours pensé qu’il essayait de la tromper, qu’elle n’était qu’une proie comme les autres. Partie infime qui avait presque disparue suite aux derniers événements je vous l’accorde, mais néanmoins présente.
Iswara, qui s’impatientait, lui offrit un magnifique « hein ? » qui lui donna un air encore plus bête que d’habitude. Non mais pourquoi est-ce qu’elle avait eu besoin de tomber amoureuse d’un mec comme lui ? Il en existait des tas d’autres de par Loah bien plus honnètes et elle, elle arrivait à dénicher The demi-loup-garou-demi-lutin-courreur-de-juppons-vaniteux-et-idiot. Elle avait fait la totale là…
Restait encore à répondre. Est-ce qu’elle l’aimait elle ? La réponse était évidente : elle était folle de lui. Le problème c’était de savoir s’il se rappelait les dernières paroles qu’elle avait prononcées avant de s’enfuir. Saurait-il l’aimer libre ? Sans ses stupides règles lutines ? Bon d’accord, c’était un peu gamin comme réaction, mais rien que le fait d’être la « femme » de quelqu’un à un degré quelconque lui hérissait les poils. Celui qui la traînerait devant un autel n’était pas encore né !


« Heu…je…Oui. Mais… »

El soupira. Elle ne se sentait pas de démarrer une conversation philosophique sur le degré de fiabilité qu’on pouvait donner à certaines traditions avec Iswara. Elle était beaucoup trop fatiguée pour ça. A croire que sa période « zombie » lui avait bouffée toutes ses forces !

_________________
°oO Eldanòrë Oo°
°oO Thon ou poulet, que choisir ??? Oo°

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Iswara
Saltimbanque


Nombre de messages: 188
Age: 16
Date d'inscription: 15/11/2006

MessageSujet: Re: Quand on percute un souvenir. [PV El]   Jeu 11 Sep - 18:36

« Fais-moi plaisir veux-tu ? Efface toute trace de cet instant de ta petite cervelle de lutin. Je tacherais d’en faire de même histoire d’éviter les cauchemars… »

Iswara avala sa salive et ignora l'interruption de l'adolescente, poursuivant sa diatribe, expliquant en long, large et travers ce qui lui était arrivé, jusqu'à son « Hein ? » particulièrement intelligent. Le temps qu'El reprenne ses esprits l'ex-demi-lutin récupéra lui-même des évènements précédents, redevenant peu à peu normal, réalisant peu à peu lui-même ce qui s'était vraiment passé. Intéressant : elle semblait avoir réagi à sa nudité comme toute fille normalement construite. C'était un point positif pour Iswara, qui aurait volontiers continué son investigation de ses propres souvenirs mais qui fut interrompu dans cette action par une phrase particulièrement constructive et intelligente de la jeune féline.

« Heu…je…Oui. Mais… »

Très intéressant : elle avait donc entendu mais ne venait que de réaliser ce qui s'était vraiment passé. Et ça n'avançait pas vraiment le jeune loup qui fut contraint de pousser un soupir. Ou plutôt, après un long raisonnement logique et complexe qui tournait autour d'un même point très ennuyeux pour l'adolescent, il poussa un soupir qui ressemblait plutôt à un gémissement désespéré.

* Oh nooon... *
¤ Eh ben si apparemment. Va falloir que tu t'y résolves... ¤
* Maaaais, elle va me tuer! *
¤ Tu crois qu'elle se priverait ? Même si tu lui dis pas, elle risque de le faire un jour au l'autre... ¤
* Merci... *
¤ En tous cas, si tu tiens à elle, tu ferais mieux de lui dire hein. Mais ce n'est que mon humble avis! ¤
* Tu es ma conscience, merde! Pourquoi tu es tellement dissemblable de moi ? *
¤ Je ne suis ta conscience. ¤
* Ça m'arrange vachement. *
¤ Je ne vois pas de vaches ici, juste un chat qui s'impatiente et qui hésite entre te griffer ou ronronner. ¤
* Haha, très drôle. Tant qu'à faire, je préférerais qu'elle ronronne... *
¤ Ça ne m'étonne pas trop... ¤


Cette discussion mentale aurait pu durer indéfiniment, mais Iswara se ressaisit brusquement, plongea à nouveau ses yeux de glace dans ceux mordorés et fascinants de sa dulcinée. Et il se leva d'un bond. Un instant il hésita sous l pluie battante, puis se mit à tourner autour de l'arbre auquel s'appuyait la jeune fille, lèvres plissées, mains derrière le dos, sourcils froncés, perplexe. À vrai dire, il savait qu'il finirait par lui dire, mais il cherchait un échappatoire, une manière de l'annoncer qui atténuerait l'impact.

¤ Haha, ça fait exactement depuis l'impact que c'est le cas en plus! ¤
* Je sais bien, merci. Elle va me tuer... *
¤ Oui, quand je pense que pendant plus d'un mois elle a mariné sans savoir... ¤
* Je sais! Elle va me tueeer! *
¤ Si tu lui dis maintenant... ¤
* Tais-toi, je sais qu'elle va me tuer, puis me couper en morceaux puis m'incinérer. Ou dans un autre ordre! *
¤ T'as oublié l'écartèlement. ¤
* Ah oui merci... QUOI ? L'écartèlement ? Tu souhaites vraiment ma mort ? *


L'ex-demi-lutin avait pilé net juste devant la jeune fille, toujours assise au pied de l'arbre. Il avala sa salive et finit par s'agenouiller devant elle. Il la regarda dans les yeux avec un sérieux à tout épreuve... et détourna la tête.

* Nooon... *
¤ SIIII! ¤


Avec un énorme effort de concentration, il retourna la tête vers elle ... et ne put s'empêcher de fixer ses lèvres, ses charmantes lèvres, qu'il dévorait des yeux. Il avait tellement envie de l'embrasser à nouveau, de goûter ces lèvres si attirantes en un vrai baiser...

¤ Ben justement, explique-lui, après tu pourras! ¤
* Si elle ne m'a pas tué avant... *


Sans relever les yeux des lèvres d'El, le lutin entama un discours qu'il tenait pour le dernier discours de sa vie, toujours accroupi sous la pluie battante.

« El, j'ai quelque chose qui pourrait changer ton point de vue par rapport à ma déclaration. Je t'ai raconté que je ne suis plu ni Sarel ni Raolak, juste un métamorphe-loup, en gros. Donc, je n'ai plus de sang lutin... »

Il s'interrompit, espérant peut-être qu'elle aurait compris.

¤ Non, explique entièrement! ¤

Sous la tyrannie de sa conscience, le jeune loup reprit son discours.

« Donc, comme je n'ai plus de sang lutin, les traditions lutines ne s'appliquent plus à moi. Donc, depuis l'Impact, toute les filles que j'ai soi-disant épousé n'ont simplement eu qu'à souffrir un baiser de ma part et un présent pour aller avec, pour digérer le coup. Et pour celles qui ne voulaient pas... »

Il eut un léger rire et un sourire légèrement pervers ou narquois, dont il aurait plutôt du s'abstenir, relevant un instant ses yeux vers ceux d'El avant de les rebaisser vers ses lèvres.

« ... je gagnais un baiser de leur part. Le seul problème étant qu'il y en a quelques unes comme toi qui préfèrent taper d'abord. »


Il eut une petite grimace.

« Donc en gros, je ne suis marié avec personne et la seule manière serait d'aller voir quelqu'un de spécialisé dans les mariages. »

Il ne releva pas la tête, attendant avec sa petite grimace le coup qui l'expédierait dans l'autre monde...

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eldanòrë
Sorcière - Membre mineur


Nombre de messages: 1359
Age: 17
Localisation: Je vous en ferais la désopilante réflexion lorsque je serais consciente de ma propre présence
Date d'inscription: 02/04/2006

MessageSujet: Re: Quand on percute un souvenir. [PV El]   Mer 17 Sep - 18:47

Eldanòrë se crispait un peu plus à chaque mot, plantant ses ongles dans la chair de ses mains. Une flèche d’acier traversa son cœur quand il mentionna Sarel mais elle avait commencé à faire son deuil et la douleur lui sembla bien moins présente que quelques semaines plus tôt. Non, si elle autant en colère c’était pour autre chose. Pour autre chose de bien plus frustrant : il lui avait menti. De puis le début ! Il s’était moqué d’elle et l’avait prise pour une idiote. Ce qu’elle était visiblement vu qu’elle n’avait même pas le bout de l’arnaque.
Pendant toute la tirade d’Iswara, El emmagasina un maximum de colère en elle, attendant le dernier mot avant de frapper. Quand celui-ci arriva, tout son corps était tendu sous la pression. Elle allait tuer. Lui exploser sa petite tronche de menteur débile ! Faire définitivement disparaître sa face d’idiot…
El bondit. Elle allait exterminer la vermine. Même Meno ne pipait mot (sûrement terrorisé à l’idée de se prendre une montagne virtuelle sur la tête s’il osait la déranger). En sautant, elle se métamorphosa en panthère, doublant brusquement son poids. Il volèrent tous les deux pendant un quart de millième de seconde avant qu’Iswara ne s’écrase durement dans la boue quelques mètres plus loin, le félin toujours sur le corps.
La panthère gronda, menaçant le jeune loup de ses crocs blancs. Puis, ses traits fondirent et reprirent l’apparence de ceux d’une jeune fille. Le grondement ne cessait pas. Pour qu’il ne puisse pas bouger, Eldanòrë usait de tous son poids sur le torse du demi lutin et avait bloqué ses bras en les tenant fermement dans ses mains. Puis, lentement elle se pencha vers son visage.


« Je vais te tuer. »

Une phrase, une affirmation, suivie par un grondement sourd de très mauvaise augure. Oui, elle allait le tuer. Le dépecer, morceau de peau par morceau de peau. Et qu’importait la douce chaleur qui s’émanait de lui et réchauffait son corps glacé. Qu’importaient ses grands yeux de glace qui la fixait et ses traits finement dessinés. Qu’importait sa folle envie de l’embrasser jusqu’à ce que mort s’en suive (elle veut l’étouffer XD *va se pendre*).

*Pétard ! Mais à quoi je suis encore en train de penser moi ! C’est franchement pas le moment ! Il vient de te trahir ma vieille ! Tue-le idiote !!!

-Huhuhu…Je paris que t’y arrive pas !*

Eldanòrë voulu protester, s’insurger, etc. mais rien ne sortit. Il avait raison, elle ne pourrait jamais le tuer, elle l’aimait trop. Même s’il l’avait trompé depuis le début, l’avait utilisée, s’était moqué d’elle et de ses sentiments comme il le faisait avec tant d’autre, et l’avait rabaissée au niveau d’un objet de collection…

« PUT*IN DE M*ERDE ! »

…El administra au demi lutin un magnifique coup de boule qui lui servit autant à se défouler qu’à remettre ses idées en place. Elle ignora complètement le faible gémissement que poussa Iswara se concentrant sur sa propre douleur au front. Elle avait la tête dure et le corps du jeune loup devait s’être endurcie à force de recevoir des coups de la furie car aucun crâne ne se fracassa.

*Heureusement espèce de cruche ! Wouaaa ! J’ai eu la peur de ma vie ! Tu voulais nous tuer tous les deux c’est ça ? Espèce de dingue ! Imagine un peu si tu l’avais achevé !!!

-T’inquiète, je savais qu’il mourrait pas pour si peu (nouveau gémissement). Enfin…j’en étais quasiment certaine.

-Elle est dingue. Cette fille est définitivement folle à liée !*

El soupira et se laissa glisser sur le sol, à côté de sa victime qu’elle avait –soit disant- épargnée, la libérant ainsi du poids de l’adolescente. Puis, comme le petit chat frigorifier qu’elle était, elle se roula en boule tout contre Iswara, histoire de squatter un peu de sa chaleur corporelle.
Elle n’était qu’une idiote. Elle aurait dû le tuer. Ca aurait évité de compliquer bien des choses. Mais bon, elle s’était jurée de ne plus enlever la moindre vie. Trop de monde avait péri par sa faute et elle était fatiguée. Fatiguée de se battre contre cet insupportable garnement narcissique.


« Espèce d’idiote… »

Par réflexe, elle accompagna sa réflexion chuchotée par un coup de point sur l’objet le plus proche. Ici, Iswara. Réalisant ce qu’elle venait de faire, El faillit presque s’escuser mais se repris juste avant de commettre cette erreur fatale. Tant pis pour lui, il l’avait mérité. Et puis, elle l’avait épargné, c’était déjà ça.
Nouveau soupir. El resserra encore un peu plus ses jambes contre sa poitrine et cacha son visage dans ses cheveux. La pluie, elle, commençait à se calmer.


*Le soleil va bientôt revenir…*

Comme pour approuver Meno, son estomac émit brusquement un grondement assourdissant. C’était vrai ! Elle n’avait toujours rien mangé depuis son petit déjeuner ! Si ça continuait, elle allait mourir de faim au fond de ce bois ! Pas question !

*Plutôt mourir seule qu’avec cet idiot d’Iswara à mes côtés !

-Tu crois pas que t’es un peu dure là ? Je te rappelle que tu lui as assener un coup de boule capable d’assommer un bœuf ! Ce serait un miracle s’il ne s’en sortait pas complètement débile !

-M’en fou. M’a cherché, m’a trouvé !*

_________________
°oO Eldanòrë Oo°
°oO Thon ou poulet, que choisir ??? Oo°

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Iswara
Saltimbanque


Nombre de messages: 188
Age: 16
Date d'inscription: 15/11/2006

MessageSujet: Re: Quand on percute un souvenir. [PV El]   Mer 17 Sep - 20:22

Au moment où elle bondit, préparé, Iswara se tendit entièrement, se raidissant contre le choc, appelant même ses gènes loups pour l'aider à résister. Cependant, il s'écrasa tout de même sur le dos, ce qui fut somme toute assez douloureux, et puis, une panthère d'environ 90kg sur le corps, ce n'est pas léger léger. Quand le félin redevint jeune femme, Iswara n'osa pas bouger d'un iota, les yeux à demi ouverts, lèvres serrées, sans sentiment. Le visage tout proche du sien cependant appelait au baiser et il résista très fort pour ne pas avancer du centimètre qui suffisait pour que leurs lèvres se touchent.

¤ Curieux, je pensais qu'elle allait de sauter dans les bras en pleurant « Que je suis heureuse...! » ¤
* Tu t'es trompé ... *


« Je vais te tuer. »

¤ Ah, oui, ça met les point sur les « i ». Moi qui étais persuadé qu'elle te dirait combien elle t'aime... ¤
* Ouais ben non, hein. Il m'arrive d'être plus lucide que toi. Enfin, que moi-même quoi... ... Merde. *


Toujours immobile, Iswara était témoin d'un combat intérieur chez son aimée, qu'il ne comprenait pas tout à fait à vrai dire.

« PUT*IN DE M*ERDE ! »

¤ Ah, intéressant. Je ne savais pas! ¤
* Tu ne savais pas quoi ? *
¤ Ben, je ne savais pas « put*n de m*rde ! »... ¤
* Je vois... *


Lassé par l'ironie morbide de sa conscience, le jeune homme regarda El. Grave erreur : il se prit le coup de boule en plein dans le front, ce qui l'assomma proprement. Il n'eut même pas le temps de penser « Aïe » qu'il était déjà comateux. Ce qui est peut dire pour quelqu'un qui a la tête aussi dure. La seule chose qu'il put produire fut un faible gémissement à travers ses dents serrées si fort qu'il avait l'impression qu'elles allaient voler en éclats. Ce qui entraîna un second gémissement de douleur.


¤ Put*n de m*rde! Ça fait mal! ¤
* Tiens tu sens ma douleur toi ? *
¤ Bien sûr, puisque je suis toi... ¤


Iswara abandonna. Cette conscience était vraiment, vraiment, vraiment... vraiment. Et il prit une grande respiration quand la jeune fille quitta son torse et se roula en boule à côté de lui. Il se sentait déjà mieux, sans ce poids sur le coeur. Dans tous les sens du terme, puisqu'il lui a aussi révélé la vérité qui le tracassait, bien évidemment.

« Espèce d’idiote… »

¤ Elle se goure de genre, tu es un gars jusqu'aux dernières nouvelles. ¤
* J'ose espérer qu'elle se parle à elle-même... *


Iswara ne bougea pas, il était trop sonné pour le moment, et puis elle était tout contre lui, sous la pluie qui faiblissait, c'était assez agréable. Bon, le coup de poing le fut moins, mais il était relativement faible par rapport à ce que la jeune fille pouvait produire et le jeune homme encaissa sans problème. Enfin, façon de parler bien évidemment. Iswara garda les yeux fermés et inspira plusieurs fois, tandis que la pluie se calmait lentement pour devenir un léger crachin puis finalement s'arrêter. À ce moment-là, le ventre de la jeune fille émit un grondement sonore, qui rappela l'ex-demi-lutin à ses sens.

Toujours dans les vapes, le jeune homme s'assit et vit le monde en triple pendant un moment. L'image resta double comme quand on louche en ouvrant les yeux, puis finalement redevint normale. Sentant que son vertige disparaissait, le loup regarda la jeune fille recroquevillée en position foetale à côté de lui.

Il la saisit par les épaules.
La redressa sur ses genoux, comme une poupée de chiffon,
et lui assena une claque magistrale.
Là-dessus, il l'allongea avec une délicatesse rare, comme si elle était de porcelaine, de cristal, plaça ses deux mains de part et d'autre de la tête de la jeune fille, se mettant au-dessus d'elle,
et l'embrassa.

Il l'embrassa comme il ne l'avait jamais fait avant, avec tout l'amour, le désir, la tendresse, la violence, les regrets, les remords, le pardon, la sauvagerie, la douceur et la force dont il était capable. Ce fut un baiser comme il n'avait jamais donné avant, un baiser fougueux et puissant.


¤ Ouah, t'es un frustré toi. ¤
* 'tain, tu casses tout le romantique qu'avait mis la narratrice! *
¤ C'était le but, la guimauve ça vous va tellement pas. ¤
* C'est dur de vivre une histoire d'amour sans guimauve! *
¤ Eh ben vous serez les premiers! *


Là-dessus, la laissant pétrifiée, il la saisit à nouveau avec douceur et l'appuya contre le tronc de l'arbre le plus proche avec une douceur ferme.

« Ne bouge pas! »

Et il se transforma en loup. Quelques instants plus tard il était de retour avec un lièvres malheureux de taille respectable. Il reprit forme humaine en priant pour qu'il ne soit pas nu. Son voeu fut réalisé : il était toujours en caleçon. Mais pas plus de vêtements.

« Ça te va de la viande crue? Parce que vu l'état humide du bois, ça va être dur de faire du feu. Hein, El ? »

Et il déposa sur ses lèvres un autre baiser léger, ponctué d'un ¤ Ooooh, prévenant maintenant ? ¤ de sa conscience énervante.

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eldanòrë
Sorcière - Membre mineur


Nombre de messages: 1359
Age: 17
Localisation: Je vous en ferais la désopilante réflexion lorsque je serais consciente de ma propre présence
Date d'inscription: 02/04/2006

MessageSujet: Re: Quand on percute un souvenir. [PV El]   Mar 23 Sep - 19:09

Alors ça si elle s’y attendait !
Qu’est-ce qui s’était passé au juste ? Après le choc de la claque, ses idées avaient un peu de mal à se remettre en place. Il l’avait frappée ! Il l’avait frappée ! Non mais c’était possible ça ! On lui avait jamais apprit qu’il ne fallait pas frapper les filles ! Quelle brute !


*Non mais c’est toi qui dis ça ? Je te préviens que tu viens de l’assommer à coup de crâne !

-Ca n’a rien à voir !

-Alors comme ça, toi t’as le droit de le tabasser à mort et lui il n’a pas le droit de te toucher ?

-Exactement. C’est ça la puissance de la gente féminine.

-Féminine, mon œil oui…*

Bon d’accord, elle l’avait peut-être un peu mérité. Et puis, c’était quand même pas la première fois qu’il lui donnait une claque. Mais bon, la dernière fois, c’était excusable. Elle était à moitié zombifiée et y’avait que ça pour la réveiller. Mais là... Elle était parfaitement réveillée ! Pourquoi ce déchaînement de violence ?...Il allait payer. C’était pas parce qu’elle l’avait épargné quelques minutes plus tôt qu’elle ne pouvait pas remettre sa sentence à plus tard.

*Ah ! Tu vois quelle brute tu es ! Après tu critique ce pauvre gars mais franchement, tu t’es vu ?


-Et ma poêle, tu l’as v…*

El n’eut pas le temps de finir sa phrase. Il venait une nouvelle fois pour la prendre pour une marionnette et l’avait changée de position, la rallongeant. Mais elle n’eut pas le temps de lui faire remarquer qu’elle était grande et qu’elle maîtrisait très bien la pesanteur que déjà, il se penchait sur elle. Elle eut un très mauvais pressentiment, sentant ses envies de meurtre disparaître derrière le désir fou qu’elle avait de l’embrasser.
Comme s’il avait entendu ses pensées (et sûrement pour éviter de finir en charpie après ce qu’il venait de faire) Iswara déposa ses lèvres sur les siennes. Son esprit lutta un instant, mais El finit par craquer. A son tour elle lui rendit son baiser, allant jusqu’à passer ses mains derrière le cou du jeune homme pour ne pas qu’il parte trop tôt.
Et puis, tout d’un coup, tout s’arrêta. El sentit qu’il se libérait de son étreinte et le regarda partir à regret. Elle eut vaguement conscience de l’ordre d’immobilité qu’il lui lança, trop choquée pour pouvoir réagir. Dans sa tête, une petite voix hurlait mais elle était revenue dans l’état second dans lequel Iswara l’avait trouvé. Elle n’avait plus conscience de la réalité.


*EEEEELLLLLL !*

Comment avait-elle put craquer à ce point ? Ca la dépassait complètement. Elle se croyait pourtant beaucoup plus maîtresse d’elle-même !

*Mademoiselle Eldanòrë Randill !*

Entendre son nom dans son entier fut comme un électrochoc pour l’adolescente. C’était tellement rare qu’on l’appelle comme ça ! Mais avec la douce voix de Gaël, c’était encore plus bizarre…

*Qu’est-ce qu’il y a Meno ?


-Heu… Je sais pas. Peut-être que recommencer à respirer serait une bonne chose tu ne trouve pas ? J’ai pas envi de crever dans ce corps moi !

-MERDEUUUUH !

-Ca tu l’as dit !*

El inspira une grande bouffée d’air humide qui se rua aussitôt vers ses pauvres poumons. Alors là, Iswara allait payer. C’était carrément une tentative de meurtre à ce niveau là !!! Un peu plus et elle y restait !

*Heureusement que je suis là quand même.

-Toi, chut.

-Quand même, lui faire payer ça alors qu’il y ait pour rien !

-Bien sûr que si ! Il n’a qu’à pas savoir si bien embrasser !*

Elle se sentait carrément minable sur ce coup. Comment avait-elle put autant baisser sa garde !
El repris une position verticale à l’instant où Iswara reparut, un lapin coincé entre les crocs. De nouveau son estomac la rappela à l’ordre. Si elle continuait à vivre ainsi, elle allait vraiment finir par mourir d’hypoglycémie !


*A moins que ce ne soit d’asphyxie…*

Elle ignora la remarque ironique du parasite, se concentrant toutes entière sur la carcasse de lapin. Dans quelques minutes, un bon gros morceau de viande comblerait cet énorme trou qui prenait tout l’espace dans son estomac. Si ça la gênait de manger cru ? Il demandait ça à une fille qui bouffait des souris au p’tit dèj’ ? Il allait bien dans sa tête ? Non, c’était vrai. Il allait tout sauf bien dans sa tête. Ce mec était cinglé. Et pour preuve ! Il se permit de redéposer un baiser sur ses lèvres avant qu’elle n’ait put se jetait sur le rongeur.

*Aï. C’est pas bon du tout ça.*

Alors comme ça, il se permettait encore de l’embrasser ? Après l’avoir baffée et avoir tenté de la tuer, passe encore. Mais en l’empêchant de remplir son pauvre estomac qui n’avait rien avalé depuis une dizaine d’heures ! Là, c’était trop ! Son poing fila, aussi rapide que l’éclair et vint s’écraser au milieu de la figure d’Iswara.

« Et tant mieux si tu t’en sort avec un œil au beurre noir ! Non mais j’vous jure. Maltraiter ainsi une jeune fille… »

*Une jeune fille ? Où ça ?…*

Meno échappa in extremis au châtiment divin grâce au pauvre lapin qui attendait de se faire dévorer. El se jeta dessus et entreprit de le découper à coup de canines acérées. Une fois un bon gros morceau de viande saignante dans les mains, et lança le reste de l’animal à Iswara. C’était quand même lui qui était allé le chercher. Elle pouvait au moins lui passer la moitié. Même si elle se sentait horriblement blessée dans son amour propre. Elle était grande non d’un chien ! Elle pouvait se trouver à bouffer seule ! Pas besoin d’une nounou !

*Burk… Je t’avais déjà vu manger des souris mais le lapin, j’aurais préféré éviter… *

_________________
°oO Eldanòrë Oo°
°oO Thon ou poulet, que choisir ??? Oo°

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Iswara
Saltimbanque


Nombre de messages: 188
Age: 16
Date d'inscription: 15/11/2006

MessageSujet: Re: Quand on percute un souvenir. [PV El]   Jeu 25 Sep - 15:23

Le coup de poing d'El le cueillit en plein sur la pommette gauche, mais, de manière surprenante, il sembla moins violent que beaucoup de ceux que lui avait déjà offert la féline. Sans se vexer, l'ex-demi-lutin se frotta l'os douloureux, et sourit même au « Et tant mieux si tu t’en sort avec un œil au beurre noir ! Non mais j’vous jure. Maltraiter ainsi une jeune fille… » que lui asséna la jeune fille. Et le summum fut pour lui quand elle daigna lui lancer la moitié de la carcasse sanglante de lapin, qu'il saisit au vol, contempla, et reposa à côté de la jeune fille, riant cette fois à gorge déployée.

« Attends, tu crois vraiment que mon estomac, non seulement de garçon, mais en plus de loup, va se contenter de ce misérable morceau de viande ? Mange-le plutôt toi, tu sembles mourir de faim. Je reviens! »

Et riant toujours, il se transforma en loup à nouveau. Je vais vous le décrire puisque nous n'en avons pas eu l'occasion jusqu'à maintenant : plus grand que les loups gris normaux, Iswara, ex-Raòlak, est un loup d'un peu plus d'un mètre au garrot, de presque un mètre soixante de long, et même sa queue dépasse le demi-mètre de quinze centimètres. Son pelage est entièrement noir, d'un noir de jais aux reflets encore plus noirs. Et seuls demeurent les yeux bleu glace du lutin. Le loup ouvrit la gueule en un simulacre de sourire puis quitta la petite clairière d'un bond.

Il ne fut pas long et bientôt revint le carnassier, un tout jeune faon dans les crocs, qu'il avait repéré plus tôt, en chassant le lapin. Il déposa le cadavre encore chaud sur le sol et commença à se nourrir, toujours sous sa forme de loup, presque sans prêter attention à El. Je dis presque, parce qu'il avait beau ne pas la regarder, il avait tous ses sens en alerte, à l'affût du moindre mouvement de la jeune fille.


¤ Tu es vraiment en train de manger une carcasse de faon devant une frêle jeune fille ? Tu ne crois pas que tu vas la choquer ? ¤
* Choquer une fille qui mange un lapin cru avec ses mains ? Tu l'as vue ? *
¤ Tu sais, les filles ça peut être surprenant. Un faon c'est pas la même chose qu'un lapin ou une souris. ¤
* Si, ce sont des trucs poilus qualifiés par mes admiratrices de « Trop mignooooon » et qui ne remplissent pas l'estomac pour les deux derniers. *
¤ ... ¤
* Pour une fois que JE te coupe le sifflet. Incroyable! *


Iswara eut bientôt dévoré toute la chair de l'animal, ne laissant que les os, et il s'empressa de briser les plus gros pour en sucer la moelle, ressemblant à cet instant à un gros chien un peu effrayant qui se contenterait d'un nonosse.

¤ Tiens, j'y pense. Je sais pourquoi vous vous entendez si mal! Vous êtes chien et chat! ¤
* T'es lent pur ma conscience... *
¤ ... Et pourtant vous vous aimez. Il y a un problème, vous n'avez rien en commun! ¤
* L'amour n'a rien de logique... *
¤ Oh toi, le dragueur, qu'est-ce que tu peux dire sur l'amour, hmm ? ¤
* ... *
¤ Tu m'as peut-être coupé le sifflet une fois, mais je demeure le maître en la matière ! ¤


Et sur le rire sardonique de sa conscience, Iswara leva la tête vers Eldanòrë.

« Bien mangé ? » demanda-t-il, oubliant qu'il était toujours sous sa forme de loup. Et pourtant, étonnamment, les paroles sortirent. Certes, elles sortirent d'une gueule de loup, avec une voix très très très grave et rocailleuse, mais elles sortirent quand même. Iswara fut tellement surpris par sa propre voix qu'il reprit sa forme humaine, laissant voir à son aimée le procédé de transformation, les parties du corps qui changent, les poils qui disparaissent et changent de couleur. Heureusement malgré son trouble, sa magie lui accorda son caleçon – toujours sans plus hélas – mais il devait y avoir un mauvais génie qui s'amusait aux dépens de l'ex-Sarel, puisque tout à coup le caleçon devint rose, puis s'orna de coeurs rouges, avant de virer au vert, avant de devenir une enseigne lumineuse, la couleur de fond et la couleur des coeurs alternant, se multipliant, changeant, passant par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, décidant ensuite de tester les textures et les motifs, hésitant entre le pattern écossais, les étoiles H&M, les petites têtes de mort, les pseudo taches de sang...

¤ Hahaha! Trop drôle! ¤
* Personnellement, je ne vois pas ce qu'il y a de drôle... *


Désespéré, Iswara observa le jeu de son caleçon pendant 3 secondes et ... s'écroula. D'un bloc. Comme une masse. La fatigue, vous comprenez, toute cette magie utilisée, ses transformations répétées, l'émotion. Au bout de 30, 40 secondes, son corps décida que l'apnée, c'était pas son truc, et le jeune homme ouvrit les yeux, perdu. Il cligna des yeux. Au-dessus de lui, la frondaison des arbres, derrière le ciel, bleu, lavé de ses nuages gris. Il était allongé dans l'herbe mouillée, comme il le sentait contre son dos et ses jambes. Il se redressa sur ses coudes, contemplant son caleçon orange vif à rayures vert fluo.

* Qui suis-je ? *
¤ Tu ne nous feras pas le coup, Iswara. ¤
* Qui êtes-vous ? *
¤ Ta conscience. ¤
* Ah. *
¤ Merde, c'est pas vrai quand même ? Il est vraiment dans les vapes ? ¤


Et la conscience, pour le bien de son hôte, décida de prendre les choses en main. Elle fit quelque chose qu'Iswara ne devait absolument pas savoir qu'elle pouvait faire : elle parla par la bouche du jeune homme, avec sa voix et un ton pressant, presque suppliant.

« El! Frappe-moi, donne-moi un grand coup dans la tête! »

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Quand on percute un souvenir. [PV El]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 3Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Lumeïnyx :: Les Territoires de l'Est :: Oz, la ville des Enchanteurs :: La ville aux merveilles-
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.